Les Chroniques de l’Histoire

L’Histoire pour Tous

Quand l'ADN bouscule l'histoire

 

 

Recherches historique et génétique ne font pas encore bon ménage. Pourtant, les tests ADN pourraient aider à  éclaircir nombre d'événements restés obscurs. Mais trop d'intérêts sont en jeu.

 

C'est la révolution du siècle. Elle commence en 1869 avec l'Allemand Meischer, poursuivie avec la découverte de la structure moléculaire, en 1953, par l'Américain Watson. Près d'un demi-siècle plus tard, elle ne fait guère la une de l'actualité que lors des procès à  sensation, comme l'affaire Omar Raddad, ou lorsqu'elle sert au clonage d'un animal. Elle permettra pourtant, demain, de soigner des centaines de maladies contre lesquelles la médecine actuelle reste encore impuissante. Des tribunaux à  la thérapie génique, on retrouve le même fil conducteur. Une forme de double hélice dont le nom tient en trois lettres : ADN, acide désoxyribonucléique. La clé de voà»te du vivant, le code personnalisé de toutes nos cellules. Celui qui dirige les opérations de fonctionnement cellulaire propre à  chaque espèce. Sans entamer une fastidieuse leçon de biologie, il faut retenir ceci : le décryptage de l'ADN est un mode d'identification, de filiation sans précédent dans l'histoire de l'humanité.

Seulement voilà  : il en va, semble-t-il, autrement dans les tribunaux ou les laboratoires pharmaceutiques que dans la recherche historique. Ici, on veut établir des faits, démontré qu'un suspect est ou non présent sur les lieux d'un crime (sa présence ne prouvant pas pour autant sa culpabilité), là  on se heurte à  la raison d'Etat, aux tabous religieux ou aux thèses établies. Paradoxe : la connaissance de l'ADN est une formidable promesse pour l'avenir du genre humain, mais elle fait peur aux peuples ou aux gouvernements lorsqu'elle remet en cause la version officielle de la communauté. La rédaction a pu s'en apercevoir tout au long de ce dossier. A tout seigneur, tout honneur : les pharaons de la XVIIIe dynastie sont soumis dans leur pays à  une surprenante omerta . L'éminent égyptologue à  qui nous avons confié l'enquête peut en témoigner : non seulement ses collègues égyptiens ont refusé d'être cités, mais les plus hautes instances de l'égyptologie française lui ont fait clairement savoir que ce sujet-là  pouvait lui valoir de sérieuses difficultés dans sa carrière professionnelle, en lui interdisant l'accès aux fouilles sur les rives du Nil. Après la malédiction de Toutankhamon, le tabou de l'ADN ! On se demande bien ce qui peut gêner à  ce point les autorités locales. Autre exemple : les Amérindiens. Premiers occupants autoproclamés de l'Amérique, les Sioux, Commanches ou Apaches voient d'un très mauvais œil la démonstration scientifique qu'ils ne sont pas les pionniers du Nouveau Monde. Comme si cela enlevait quoi que ce soit à  leur massacre par les cow-boys...

 

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