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Les Chroniques de l’Histoire |
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L’Histoire pour Tous |
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Les aventures de Joseph Balsamo, vrai nom de Cagliostro, n’ont cessé de défrayer la chronique pendant la seconde moitié du XVIIIe siècle. Né à Palerme le 2 juin 1743, élevé chez les Frères de la Miséricorde, Cagliostro entreprend des études de médecine avant de s’orienter vers les sciences ésotériques. Il s’attribue le titre de comte, fait d’innombrables dupes. Plusieurs escroqueries l’obligent à quitter l’Italie.
Accompagné de sa jeune femme, la ravissante Lorenza Feliciani, il parcourt alors l’Europe, pénètre dans les milieux les plus aristocratiques, multiplie les contacts avec les sectes d’illuminés et les loges maçonniques mystiques, très à la mode dans un monde en quête d’absolu et d’irrationnel.
Ses talents d’alchimiste, ses cures merveilleuses lui valent une grande notoriété. Il vend des élixirs, des pilules, des remèdes de toute sorte, il se livre à des expériences de magnétisme, fait des tours de magie, prédit l’avenir et assure pouvoir entrer en contact avec les esprits des morts. Venu en France en 1780, il fonde la loge maçonnique dite « l’Égyptienne » qui offre la particularité d’être ouverte aux femmes. Il devient un des familiers du cardinal de Rohan, qu’il assure pouvoir guérir de plusieurs maladies. Ébloui par l’alchimiste, le crédule cardinal passe des soirées avec lui dans son laboratoire. « Il fait de l’or, dit-il, il m’en a composé devant moi pour cinq ou six mille livres… » Le cardinal est torturé par le désir de rentrer en grâce auprès de Marie-Antoinette qui lui reproche sa vie trop libre. Il fait venir Cagliostro à Paris. Le mage saura sûrement le réconcilier avec la reine.
Cagliostro, au faîte de la célébrité, commet une grave imprudence. Il laisse croire à Rohan qu’il peut faire cesser sa disgrâce. S’il n’est nullement l’instigateur de l’affaire du Collier qui contribua à jeter le discrédit sur la monarchie, il est en rapport avec l’âme damnée de l’escroquerie, Mme de La Motte. Celle-ci, voyant en lui un rival, ne l’aime guère et, arrêtée, l’accuse, pensant détourner d’elle l’attention. Il passe onze mois à la Bastille. Son innocence prouvée ne l’empêche pas d’être expulsé du royaume. Il séjourne alors en Angleterre, puis retourne en Italie et s’arrête à Rome. Cette fatale imprudence entraîne son arrestation en 1791 par l’Inquisition. Incarcéré au château Saint-Ange, il est jugé et condamné à mort pour appartenance à la franc-maçonnerie.
La peine est commuée en détention perpétuelle. Le malheureux Cagliostro meurt en 1795, près d’Urbino, dans le sinistre fort de San Leone. Cette extraordinaire existence a inspiré plusieurs écrivains, notamment Goethe dans le Grand Cophte et Alexandre Dumas dans Joseph Balsamo.
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Cagliostro |

