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Les Chroniques de l’Histoire |
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L'Europe à l'heure allemande
Le conseil européen du 17 décembre 2010 restera dans les annales comme le sommet de l'alignement de la politique de la France sur l'Allemagne. En effet, l'orientation prise par l'Europe, et qui doit aboutir à une révision du traité de Lisbonne dans les trois ans, est entièrement inspirée par Angela Merkel et la vision allemande de l'Union. Avec constance, la chancelière a posé et imposé les conditions de son pays à ses associés.
La " culture de la stabilité " va devenir l'alpha et l'oméga de la politique économique des pays membres de l'euro. En résumé : rigueur budgétaire, réduction des acquis sociaux, ouverture à la mondialisation, sanctions contre les récalcitrants et chacun pour soi dans la monnaie unique.
Le plus déplorable est que le président de la République ait appuyé de bout en bout la chancelière allemande. Car une autre voie était possible, avancée par le Luxembourg et l'Italie. Ces deux pays proposent des " eurobonds ". Le terme est technique, mais la réalité est simple : il s'agit de protéger les plus faibles en empruntant en commun. Les spéculateurs n'auraient plus le loisir d'attaquer les pays les plus exposés chacun à leur tour, en faisant monter les enchères à chaque étape. Une véritable solidarité européenne, en somme, permettant de faire front contre les marchés plutôt que de subir leur loi. Voilà ce que Nicolas Sarkozy a décliné pour se réfugier sous le parapluie de Berlin.
En vérité, cet alignement diplomatique s'explique par un abandon politique. La droite - et une partie de la gauche - est paniquée par la menace d'un " décrochage " de la France par rapport à son voisin. Elle fait donc de l'imitation du modèle germanique (notamment dans le domaine fiscal) le centre de sa pensée et de son action. Hélas, " coller " à notre voisin ne peut nous dispenser de nous sauver nous-mêmes.
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