Les Chroniques de l’Histoire

L’Histoire pour Tous

La légende de maître Hiram

 

Salomon voulait que l’Arche d’Alliance soit placée dans un endroit digne d’elle. Pour cela il fallait bâtir un temple. On confia la direction des travaux à un habile ouvrier qui venait de Tyr, Hiram. Il dirigeait les hommes, mais il en avait un si grand nombre à payer qu’il ne pouvait pas tous les reconnaître. Pour résoudre ce problème, il fixa pour chaque catégorie de travailleurs (apprenti, compagnon et maître) un signe, un mot ainsi qu’un attouchement différent afin de les différencier.

 

Les ouvriers travaillaient sous la direction de leurs chefs mais la distinction que Hiram avait fixée faisait des jaloux. Ainsi trois compagnons voulaient devenir maîtres, sans attendre d’être nommés ce qui aurait pris trop de temps. Ils décidèrent de demander à Hiram les mots, signes et attouchements de maître.

 

Le guet-apens du temple

 

Un soir ils se cachèrent dans le temple de Salomon qui n’était pas encore achevé, l’un au Midi, l’autre au Septentrion et le troisième à l’Orient.

 

Comme chaque soir, Hiram faisait le tour des travaux. Comme d’habitude, il entra par la porte de l’occident et après avoir marché s’apprêtait à sortir par la porte du midi.

 

Il croisa un des compagnons qui lui demanda les mots, signes et attouchements de maître tout en le menaçant d’un marteau qu’il tenait à la main.

Hiram lui répondit calmement que lui n’avait pas reçu les mots de cette façon-là, et que le compagnon devait attendre le temps nécessaire.

 

Enragé, le compagnon lui donna un coup de marteau sur la tête qui ne tua pas Hiram. Il s’enfuit du côté de la porte du Septentrion. Là, le deuxième compagnon lui fit la même demande, Hiram lui fit la même réponse et reçut un coup de compas du compagnon.

 

Cette fois-ci encore le coup n’avait pas été assez fort pour arrêter définitivement Hiram qui réussit à s’enfuir du côté de l’Orient.

 

Le troisième compagnon s’y tenait qui agit comme ses complices. Ce troisième coup fut fatal. Les trois compagnons décidèrent d’enterrer le corps. Il ne faisait pas encore assez nuit. Ils cachèrent donc le cadavre jusqu’au soir.

 

La nuit tombée, ils prirent la dépouille et la transportèrent en haut d’une montagne ou ils l’enterrèrent, pour reconnaître l’endroit ils plantèrent une branche d’acacia sur sa tombe.

 

A la recherche d’Hiram

 

Salomon au bout de quelques jours s’inquiéta de ne pas voir son architecte. Il demanda à neuf maîtres de le chercher.

 

Ils fouillèrent le pays pendant neuf jours, sans rien trouver.

 

Un après-midi trois d’entre eux accablés par la fatigue, s’assirent près de l’endroit ou était la dépouille. En s’asseyant l’un d’entre eux agrippa la branche d’acacia qui lui resta dans les mains. Etonné, il montra cela à ses frères.

 

En regardant par terre, ils s’aperçurent que la terre avait été remuée en cet endroit. Ils fouillèrent et trouvèrent le corps de Hiram. L’un d’entre eux prit un doigt mais la peau se détacha. Le deuxième fit de même, là aussi la peau partit, le troisième les imita pour le même résulta. Ils s’écrièrent alors Machenac, signifiant chez les maçons la chair quitte les os.

 

Ce mot devint un des mots de maître. Salomon fut rapidement prévenu de ce qui était arrivé. Peiné, car il aimait Hiram, il décida qu’il serait enterré dans le temple même. Il ordonna à tous les maîtres d’aller chercher le cadavre.

 

L’enterrement fut digne par sa grandeur des qualités de l’architecte. Afin de bien démontrer qu’ils n’étaient pour rien dans la mort d’Hiram, tous les maîtres portaient des gants blancs, et les portent encore…