Les Chroniques de l’Histoire

L’Histoire pour Tous

 

 

 

 

Confrérie de prêtres chargés de la garde des ancilia, ces boucliers sacrés protégeant la cité, les Saliens interviennent deux fois par an dans les cérémonies religieuses de Rome, en se plaçant sous la protection du dieu Mars. Dans L’Enéide, Virgile a décrit le caractère envoûtant  de leurs rites, qui ne sont pas sans rappeler les pratiques de certaines confréries mystiques comme celle des derviches tourneurs.

 

C’est à Numa Pompilius, à la fin du VIIIe siècle av. J.-C., que la tradition attribue la création de la plupart des confréries religieuses. L’une d’entre elles, celle des saliens, avait pour fonction d’honorer le dieu guerrier Mars et son fils Quirinus, garant de la prospérité. Ainsi les saliens étaient-ils investis d’une double mission : exalter la fureur au combat et marquer le retour à la vie civile.

 

Choisis par cooptation parmi les patriciens de la cité, les saliens formaient une confrérie religieuse (appelée sodalitas) à laquelle il était considérée comme un grand honneur d’appartenir.

Marc Aurèle, le futur empereur, fut par exemple enrôlé dans la confrérie à l’âge de huit ans, sur la volonté expresse de l’empereur Adrien. Les saliens avaient à leur tête un magister, un premier danseur, et un chantre, trois fonctions que Marc Aurèle fut amené à occuper successivement.

 

Les saliens, à l’origine voués à protéger la croissances des plantes, étaient préposés à la garde des ancilia, ces boucliers sacrés qui passaient pour se mettre en mouvement lorsqu’un danger menaçait la cité. D’après la légende, le dieu Mars, ayant souhaité à Numa Pompilius un gage de sa bienveillance, avait fait tomber du ciel un bouclier ; de sa conservation dépendait la pérennité de Rome, si bien que Numa en avait fait confectionner onze répliques fidèles par le forgeron Mamurius Veturius pour éviter tout risque d vol ou de destruction.

Les douze boucliers étaient conservés dans la Regia, la demeure du grand pontife, gardien suprême des traditions religieuses placé à la tête d’un collège qui comptera jusqu’à seize membres sous César.

 

Dans la Rome antique, le calendrier religieux assignait à l’activité guerrière une période s’étendant entre le mois de mars, placé sous l’invocation du dieu du même nom, et le mois d’octobre, le mois de Quirinus, dieu protecteur de la Paix et garant de la Prospérité de la cité.

Pour marquer le début de cette période, une fête appelée l’ancilia movere (il s’agissait de « mettre en mouvement » les boucliers) était organisée le 19 mars. Les Saliens du Palatin, conduits par le magister, formaient alors une procession et traversaient la ville : vêtus d’une tunique courte, d’une cuirasse et d’un bonnet conique, portant des lances et les boucliers sacrés, les prêtres se livraient à une danse à trois temps, le tripudium tout en frappant les boucliers et leurs javelots.

Ces transes étaient amplifiées par une mélodie d’autant plus entraînante qu’elle était, aux dires mêmes de Cicéron, incompréhensible, et par le bruit assourdissant des hautbois et des instruments à cordes. Les prêtres, marquant l’arrêt lors des stations rituelles (mansiones), exhortaient leurs concitoyens, et particulièrement les combattants sur le départ, à la fureur guerrière.

Cette procession était suivie de sacrifices d’animaux dans le temple de Mars et se terminait, le soir venu, par un gigantesque banquet durant lequel on consommait la viande sacrée. Le fumet en était si alléchant que, dit-on, l’empereur Claude délaissa un jour le tribunal pour venir partager le repas des desservants.

 

Le mois d’octobre était consacré aux célébrations du retour à la paix et à la vie domestique. Une cérémonie faisait partie intégrante de ce rituel guerrier : il s’agissait de l’Equus October, course de chars à deux chevaux qui se déroulait le 15 octobre sur le champ de Mars.

Le cheval de droite de l’attelage vainqueur, auquel on avait passé un collier de pain autour du cou, était sacrifié d’un coup de javelot ; sa tête et sa queue étaient tranchées et emportées par une coureur, qui devait parcourir un kilomètre en l’espace de trois minutes pour éviter que le sang ne coagule. Arrivé à la Regia, la demeure du pontife, il versait le sang de l’animal sur le foyer. Une partie du liquide était conservée par les Vestales, qui l’utilisaient en avril, lors des fêtes des bergers, les Parilia.

 

La fermeture de la saison guerrière, le 19 octobre, était assurée par les saliens de la Colline, prêtres consacrés à Quirinus qui avaient pour mission de « ranger les boucliers », d’où le nom de ancilia condere donné à cette fête.

Son déroulement était identique à celui de l’ancilia movere, mais s’accompagnait d’autres cérémonies : la fête de la purification des trompettes de guerre et celle de la purification des armes, au cours de laquelle les prêtres traversaient à nouveau la ville en brandissant les ancilia et en psalmodiant le Carmen saliare, le chant des saliens. Le soir, après le banquet qui clôturait les festivités, les boucliers étaient remisés sur le Palatin, dans la Curia Saliorum, et ce jusqu’au mois de mars suivant.

Les Saliens

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