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Les Chroniques de l’Histoire |
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L’Histoire pour Tous |
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Les « Trois Glorieuses » chassent le roi
Paris, 27, 28 et 29 juillet 1830
Après trois jours d’émeutes et de sanglants combats, Paris obtient le départ du roi Charles X. L’agitation politique a pris un cours plus radical à l’occasion de l’adresse signée par 221 opposants, le 18 mars, et dont le texte condamne sans ambages la politique suivie récemment par le roi. En août 1829, celui-ci avait nommé aux postes clés les hommes les plus impopulaires et les plus incompétents : Jules de Polignac aux Affaires étrangères, La Bourdonnais à l’Intérieur et Bourmont à la Guerre. Les 221 parlementaires ont désavoué ce choix et posé le problème du libre choix des ministres par le roi. Plutôt que de renvoyer ses ministres, Charles X préfère dissoudre la Chambre. Mais les élections ne font que renforcer l’opposition, puisque les 221 deviennent 274. Charles X se réfère alors à l’article 14 de la Charte en vertu duquel le roi peut gouverner par ordonnances quand la sûreté de l’Etat est en cause. Il estime que les circonstances justifient cette procédure. Le 25 juillet, le roi et ses ministres signent quatre ordonnances : la première suspend la liberté de la presse, rétablit la censure, soumet les périodiques et les brochures à une autorisation préalable, renouvelable tous les trois mois ; la seconde prononce la dissolution de la Chambre qui vient d’être élue ; la troisième, en modifiant la loi électorale, a pour effet de réduire le nombre des électeurs ; la quatrième convoque les collèges électoraux pour les 6 et 13 septembre. Les ouvriers typographes protestent aussitôt contre la première ordonnance, qui remet en cause leur gagne-pain. Plusieurs journalistes, sous la direction de leur jeune confrère Adolphe Thiers, rédigent une protestation solennelle. De leur côté, les électeurs, frappés par la troisième ordonnance, se réunissent. Ce sont des commerçants, des négociants qui voient leur impôt, la patente, ne plus figurer dans le calcul du cens. Dès le 27, l’émeute gronde dans la capitale. Des rixes éclatent dans les imprimeries, où les policiers pénètrent ; nombres de commerçants et de patrons ferment leurs ateliers ; des étudiants se portent à la tête de divers rassemblements. Le roi nomme l’impopulaire Marmont à la tête des troupes de Paris, aggravant ainsi le mécontentement. Dans la nuit du 27 au 28, on passe de l’émeute à l’insurrection. En grand nombre, les barricades se dressent dans les quartiers populaires. Le 29, la ville appartient entièrement aux insurgés, les troupes se sont repliées et les autorités préfèrent prendre la fuite. Ces trois journées ont fait plusieurs centaines de victimes de part et d’autres. Les libéraux imposent une autre solution monarchique en appelant le duc d’Orléans. |
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« La Liberté guidant le peuple». 1831. Détail. Peinture de Delacroix |