Les Chroniques de l’Histoire

L’Histoire pour Tous

 

 

 

 


Comme son compatriote Concini, Mazarin, nommé premier ministre par Anne d’Autriche à la mort de Louis XIII, n’était qu’un simple aventurier. Italien de très modeste origine, étudiant famélique en Espagne, Mazarin, né à Pescina, dans les Abruzzes, le 14 juillet 1602, sert d’abord dans l’armée pontificale avant de s’orienter dans la diplomatie. Envoyé comme nonce à Paris, son habileté attire l’attention de Richelieu, qui le fait naturaliser, obtient pour lui le chapeau de cardinal, alors qu’il n’a jamais été prêtre, et le recommande à Louis XIII. À la veille de sa mort, le roi le désigne comme membre du futur conseil de régence.

D’une intelligence vive, pénétrante, d’un grand sens politique, le nouveau premier ministre n’en est pas moins l’antithèse de Richelieu, qu’il affectionne pourtant « par instinct, disait-il, avant même de connaître par expérience ses grandes qualités », et on ne peut s’empêcher de citer le cardinal de Retz : « L’on voyait sur les degrés du trône, d’où l’âpre et redoutable cardinal de Richelieu avait foudroyé plutôt que gouverné les Lorrains, un successeur doux, bénin… » Totalement dénué de scrupules, n’hésitant pas à s’enrichir au détriment de l’État, Mazarin préfère la ruse à la violence. Mais il saura s’imposer à Anne d’Autriche.

Jusqu’en 1648, Mazarin se consacre à la politique extérieure de la France et les traités de Westphalie mettent fin à la guerre avec l’Empire. Mais les exigences fiscales, l’impopularité de sa politique tortueuse servent de prétexte à la Fronde parlementaire, puis à celle des princes, qui mettent en cause l’absolutisme royal. Au cours de cette dernière crise, qui dure trois ans, Mazarin juge bon de se réfugier en Allemagne, d’où il adresse d’excellents conseils à Anne d’Autriche.

Revenu triomphalement en France en 1653, Mazarin laisse à Fouquet le soin de recourir aux habituels expédients financiers, mais il rétablit l’autorité monarchique, poursuit la réconciliation avec les protestants et termine victorieusement la guerre contre l’Espagne par la paix des Pyrénées (1659). Ses prodigalités lui permettent de se concilier tout un monde de parlementaires, de nobles et d’artistes. En mécène avisé, Mazarin fonde le Collège des Quatre-Nations, l’Académie royale de peinture et la bibliothèque Mazarine. Très conscient de ses propres intérêts, il mène une existence fastueuse à Vincennes ou dans sa résidence de Paris, le palais Mazarin. Ces activités ne l’empêchent pas de consacrer tous ses soins à l’éducation politique du futur Louis XIV, auquel il laisse, à sa mort (9 mars 1661), un royaume disposé à lui obéir.


 

 

Il fut bâtisseur, urbaniste ainsi qu'ingénieur de l'armement, stratège et tacticien, gestionnaire et économiste, comme ingénieur civil. Il écrit et fait publier son Projet de dîme royale, en 1707, préconisant l'impôt unique. Il a écrit aussi un mémoire en 1689 où il désapprouve la révocation de l'Edit de Nantes, au nom de la liberté de conscience.

Epuisé par sa vie de labeurs immenses, il décède le 30 mars 1707 à Paris.

Son corps repose en l'église de Bazoches ( Nièvre ), près de son château acquis en 1675, tandis que son coeur se trouve déposé en l'église du Dôme, aux Invalides
, à Paris, par décision de l'Empereur Napoléon, depuis le 28 mai 1808.

« Le Roi me tenant lieu de toutes choses après Dieu,
J'exécuterai toujours avec joie tout ce qui lui plaira de m'ordonner.
Quand je saurais même y devoir perdre la vie. »


Vauban, Lettre de Vauban à CHAMILLART, Paris, 16 janvier 1706.

Mazarin