Les Chroniques de l’Histoire

L’Histoire pour Tous

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Au moment du partage du monde, c’est à Neptune que revient l’empire de la mer. Peu satisfait de son lot, le dieu rancunier connaît quelques démêlés avec son frère Jupiter avant de se résigner et de se consacrer à son vaste royaume. Adulé en Grèce, il s’impose bientôt  également en Italie, où les empereurs romains s’en remettent à lui, allant jusqu’à lui confier l’entière responsabilité de toutes les batailles navales.

 

Les romains ne sont pas des navigateurs dans l’âme, et quand ils le peuvent, ils évitent de prendre la mer. Même la traversée des rivières demande la mise en place d’un rituel religieux particulier pour avoir la certitude de ne pas froisser le dieu-fleuve.

Pour s’assurer ses faveurs, les Romains réservent à Neptune plusieurs périodes de l’année : tout le mois de février lui est consacré et, le cinquième jour du mois de novembre, les Neptunales sont célébrées en son honneur. Cette fête porte le nom de Lectisternium, parce que l’on dresse des lits dans le temple du dieu situé au bord du Tibre, où l’on organise des banquets somptueux.

 

Les plus grandes réjouissances du seigneur des Eaux sont célébrées durant l’été, en pleine période de sécheresse. Appelées Consualia, ces fêtes ont une origine très ancienne, remontant au dieu primitif Consus que l’on assimile peu à peu à Neptune. Ce jour-là, une procession de grands coursiers superbement harnachés sillonne les rues de Rome pour remercier Neptune d’avoir fait don aux hommes du « fier et fougueux animal ».

On peut s’étonner de cette association du seigneur des Mers avec un animal terrestre. Pourtant, le cheval entre très tôt dans la vie de Neptune. Ainsi, lors de sa naissance, sa mère Rhéa prétend avoir mis au monde un poulain pour duper Saturne, son père qui dévore tous ses enfants. Le père prend le change et avale le petit poulain à la place du nouveau-né. Dès lors, Neptune devient le protecteur des équidés qu’il élève dans ses écuries sous-marines.

 

Les chevaux blancs à la crinière d’or qui conduisent son char surgissent du fond de la mer. Le bruit de leurs sabots d’airain suffit pour calmer les pires tempêtes marines. Quelquefois, ses montures arborent des crinières vertes et la partie inférieure de leurs corps se termine par une queue de poisson.

A l’occasion, Neptune peut lui-même se métamorphoser en cheval, comme il le fait au moment de son union avec Cérès. Celle-ci, qui souhaite à tout prix échapper à son frère, se transforme en jument pour s’en éloigner. Rattrapée sans mal par Neptune, elle doit se prêter contre son gré à son étreinte. De cette union naissent deux enfants, la Nymphe Despoena et le cheval sauvage Aréion.

D’une manière générale, tous les jeux hippiques du cirque de Rome sont consacrés à Neptune « Hippius » ou Neptune équestre. Courses de chevaux et courses de chars se déroulent toujours sous sa protection. La charge officielle des chevaux ajoute une dimension non négligeable au dieu de la Mer, à cette époque où l’animal occupe une place de la plus haute importance.

 

Selon l’Histoire romaine de Tite-Live, les ludi consuales, ou Consualia, grandes fêtes de Neptune équestre, doivent leur instauration à Romulus en personne. Loin d’être une simple distraction, ces jeux votifs font partie d’un projet mûrement réfléchi qui va fournir aux Romains l’occasion de mener une opération stratégique d’envergure.

A cette époque, la toute nouvelle cité romaine souffre d’un cruel manque de femmes. Romulus est inquiet autant de ce constat que de voir ses ambassadeurs envoyés chez les peuples voisins essuyer des refus répétés, aucun n’acceptant alliance ou mariage. Romulus, décidé à agir, conçoit le plan de l’enlèvement des Sabines lors des fêtes de Neptune, le dieu pouvant être un soutien précieux.

Se fiant à la loi de l’hospitalité, les Sabins invités aux festivités se rendent nombreux à Rome. Attentifs aux jeux, ils sont pris au dépourvu quand les Romains accourent de tous les côtés pour enlever les jeunes filles. En retour, les Sabins indignés attaquent Rome à plusieurs reprises. Mais leurs filles n’étant pas malheureuses avec leurs nouveaux époux, elles apaisent bientôt la colère de leurs pères qui finissent par faire la paix avec les ravisseurs.

 

Les successeurs de Romulus rendent hommage à Neptune, qui a présidé à l’enlèvement des Sabines et a permis ainsi la continuité de Rome. Par affinité personnelle, mais aussi par crainte de sa puissance, plusieurs empereurs s’identifient au dieu, dont ils dépendent pour mener à bien leurs campagnes navales. Auguste, le premier et le plus grand d’entre eux, se recommande du dieu de la Mer, lui attribuant la grande victoire qu’il remporte sur Marc-Antoine à Actium en l’an 31 av. J.-C. Cette victoire cruciale marque le début de sa brillante carrière qui dura plus de quarante ans.

Neptune, dieu romain

Accueil

Préhistoire

Antiquité

Les Cathares

Les Templiers

Inquisition & Intégrisme

Franc-Maçonnerie

La Grande Guerre

1939-1945

Chemins de Mémoire

Chroniques

Histoire de France

XXe Siècle

XXIe Siècle

Histoire de l'Humanité

Histoire Littéraire

Science

BIOGRAPHIES

Bibliographie