Les Chroniques de l’Histoire

L’Histoire pour Tous

Pépin le Bref

 

Pépin le Bref se fait élire roi de France

Royaume franc, novembre 751

La dynastie mérovingienne, dont les derniers représentants sont appelés « roi fainéants » parce qu’ils sont incapables de gouverner, s’écroule : c’est donc sans peine que Pépin le Bref, après s’être assurer du soutien des grands ducs du royaume, détrône Childéric III, le dernier roi mérovingien, qu’il fait enfermer dans un monastère après l’avoir symboliquement dépouillé de sa longue chevelure, attribut du pouvoir chez les Francs. Pépin III, dit le Bref, est alors élu roi et reçoit la bénédiction de l’évêque Boniface, délégué du pape. Son sacre confirme l’arrivée au pouvoir d’une nouvelle dynastie. Il vient d’une famille très riche dont la puissance n’a cessé de croître au sein du royaume franc d’Austrasie, au point que ses membres ont fini par se succéder de père en fils comme maires du palais. Un siècle auparavant déjà, un certain Grimoald avait tenté, en vain de renverser les Mérovingiens (vers 656). Pepin II avait réussi à refaire l’unité du royaume franc en regroupant Neustrie et Austrasie (vers 687). Son fils Charles Martel en a fait un royaume puissant, sans oser prendre le titre de roi (vers 737).

A la mort de Charles Martel, le royaume est partagé entre les deux frères, Carloman et Pépin le Bref. En 747, l’aîné, Carloman, se retire dans un monastère. Pépin le Bref, maire du palais, se trouve alors donc seul au pouvoir et peut alors se faire élire roi.

 

Création des Etats pontificaux par Pépin

Quierzy, 14 avril 754

Le roi Pépin le Bref et le pape Etienne II se rencontrent à Quierzy, sur l’Aisne, pour signer un traité par lequel le roi des Francs s’engage à fonder au bénéfice de l’Eglise un Etat qui serait placé sous la souveraineté du pape. Le pape reconnaît en échange la légitimité royale de la dynastie carolingienne. Menacé par les Lombards, Etienne II est venu en Gaule franque solliciter l’intervention de Pépin. Les accords prévoient que Pépin le Bref garantit au pape la possession du « Patrimonium Petri » (territoire de l’Eglise romaine autour de Rome) et lui concède la propriété de l’ancien exarchat byzantin de Ravenne. En échange, le pape confirme le sacre de Pépin et lui confère, ainsi qu’à ses fils, le titre de « Patricius Romanorum » (protecteur de Rome). En 756, après une intervention militaire de Pépin contre le roi Lombard Astulf, Pépin remettra au pape vingt-trois villes de l’exarchat de Ravenne et de la Pentapole qui, ajoutées à la région de Rome, formeront l’Etat pontifical. Devant se soumettre à la suzeraineté franque, Astulf abandonne Ravenne. Ainsi le pape peut-il se dégager définitivement de la tutelle politique de Byzance. Le « cadeau » de Pépin marque un tournant politique chez les francs : le lien entre la papauté et le royaume franc (et plus tard l’Empire) constituera l’un des facteurs politiques primordiaux de l’Occident.