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Les Chroniques de l’Histoire |
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L’Histoire pour Tous |
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Franklin Delano Roosevelt naît le 30 janvier 1882 à Hyde Park, dans l'État de New York. Son père, James Roosevelt, est un riche entrepreneur appartenant à une famille aristocratique d'origine hollandaise et sa mère, Sara Delano, est issue d'une riche famille aristocratique d'origine française (Delanoye ou Delanoë devenu Delano). Fils unique, Franklin est élevé par sa mère entre la propriété familiale, avec l'aide de précepteurs privés, et leur maison de vacances sur l'île de Campobello situé au Canada, pays voisin et ami des États-Unis, sur la côte nord-est atlantique. Ce n'est qu'à quatorze ans qu'il sort du cocon familial pour entrer dans un établissement privé et élitiste, Groton College, où il ne sera jamais vraiment populaire, car peu doué pour les études ou l'athlétisme. Il entre ensuite à l'université de Harvard où il se fait surtout remarquer en tant qu'éditeur du journal des élèves, le Crimson. Il s'inscrit au Parti démocrate tout en admirant le parcours politique de Theodore Roosevelt, un lointain cousin, qui devient président républicain en 1901. En 1905, il épouse Anna Eleanor Roosevelt, une autre cousine lointaine avec qui il aura six enfants, dont un mort en bas âge.
Débuts politiques
F.D. Roosevelt s'inscrit au barreau de l'État de New York, mais il n'aime pas particulièrement ce métier et se tourne vers la politique à la première occasion. Il est élu au Sénat de son État en 1908, puis en 1912 quand le président démocrate Woodrow Wilson le nomme secrétaire adjoint de la Marine. Le parallèle avec la carrière de Théodore Roosevelt qui avait tenu le même poste dans le gouvernement de McKinley commence à apparaître. En tant que responsable de la Marine, Roosevelt est partisan de l'accroissement des forces navales et de l'entrée en guerre des États-Unis dans le conflit qui fait rage en Europe (Première Guerre mondiale).
À peine élu, F.D. Roosevelt se distingue par ses idées avancées sur les préoccupations écologiques et sur le thème du travail. Deux concepts forts, outre un remarquable pragmatisme, dominent son action publique. Tout d'abord l'idée qu'il est souvent nécessaire de substituer la liberté collective à la liberté individuelle (?), mais aussi sa grande méfiance envers l'idée de concurrence sans contrainte ("la coopération doit intervenir là où cesse la concurrence" et celle-ci "peut être utile jusqu'à une certaine limite, mais pas au-delà"). Les accusations de "socialiste", dans un sens péjoratif, ne manqueront pas d'être adressées à un homme politique dont les idées dans les années 1910 et 1920 ne sont guères en adéquation avec la pensée dominante. Il faut aussi noter sa grande tolérance sur les thèmes de l'immigration et de la religion, tolérance qui se manifeste par ses réserves sur la politique des quotas, dans les années vingt, sur la prohibition et sur les querelles internes au parti démocrate de l'époque entre juifs, catholiques et protestants.
La traversée du désert
En novembre 1919, la victoire des républicains met un terme provisoire à sa carrière politique, après une candidature malheureuse à la vice-présidence comme colistier de Fox. Il reprend alors son cabinet d'avocat sans grande conviction.
En août 1921, il est en vacances au Canada quand la maladie le frappe brutalement après une baignade imprudente. Il est atteint par la poliomyélite et restera partiellement paralysé pour le reste de sa vie. Sa jambe gauche est hors d'usage et il lui faudra réapprendre à marcher, à se lever, s'asseoir à l'aide de cannes et de dispositifs orthopédiques et aussi grâce à sa femme, sa fortune. Bien qu'il reste en contact avec le parti démocrate il lui faut attendre 1928, et une nette amélioration de son état de santé, pour reprendre toutes ses activités politiques.
En route vers la présidence
En 1929 il devient gouverneur démocrate de l'État de New York dans un contexte national plutôt favorable aux républicains puisque même le leader du parti, Alfred Smith, ancien gouverneur du New Jersey est battu. Cette victoire, d'une courte tête avec 24 000 voix d'avance sur 4,3 millions exprimées, permet à Roosevelt d'appliquer une politique progressiste assez novatrice. C'est ainsi qu'il réduit la durée du temps de travail pour les femmes et les enfants, lance un programme d'amélioration des hôpitaux, des prisons et renforce l'autorité publique. Il intervient aussi dans le domaine agricole en favorisant le reboisement et la prise de mesures de conservation du sol. Cette politique, surtout après le déclenchement de la crise économique de 1929, révèle toute son acuité devant l'absence de réaction à la crise du gouvernement d'Herbert Hoover à Washington.
La candidature
Les adversaires démocrates
Il se présente comme candidat à l'investiture démocrate pour la présidentielle de 1932. Il l'emporte rapidement sur ses adversaires au sein du parti: Alfred Smith a été battu en 1928 et c'est un catholique, Albert Ritchie, le gouverneur du Maryland et W.H.Murray, celui de l'Oklahoma, sont des personnalités plus locales et moins crédibles. Seul le candidat de l'aile conservatrice du parti, John Nance Garner possède une plus grande envergure. Roosevelt a l'habileté d'en faire son colistier. Garner sera son vice-président jusqu'en 1941. Roosevelt reste confronté à l'hostilité non déguisée du président du parti, John Raskob, mais reçoit l'appui considérable, y compris financier, du milliardaire Henry Morgenthau.
Le Brain Trust
En 1932, Roosevelt a complètement récupéré physiquement de sa maladie, si ce n'est l'usage de ses jambes, et n'hésite pas à se lancer dans une épuisante campagne électorale. De plus, il a mûri politiquement sous l'influence de certains conseillers ou mentors tels Louis Howe, l'un de ses associés, ou Joseph Daniels, son ministre de tutelle à la Marine. Il ne faut pas négliger non plus le rôle des conseillers du gouverneur qu'il est, tels Raymond Moley, Rexford Tugwell, Adolf Berle, tous trois chercheurs et universitaires, généralement de Columbia, pressentis par Samuel Rosenman le rédacteur des discours du candidat puis du président. Ces hommes, avec quelques autres, dont Bernard Baruch, un financier ancien chef du War Industries Board durant la Première Guerre mondiale, ou Harry Hopkins, amateur de jeu, de femmes, mais aussi confident de Roosevelt vont constituer le Brain Trust (conseil des cerveaux) qui conseille le président.
Le caractère
Les traits principaux du caractère de Roosevelt se révèlent déjà à cette époque. Son optimisme, renforcé par la gravité de sa maladie et sa volonté de s'en remettre, son exigence vis-à-vis de lui-même, mais aussi de ses collaborateurs. C'est un intuitif et un charmeur, doué pour la communication et capable d’éloquence, moins en meeting qu'en petits comités d'où l'incontestable succès de ses causeries "au coin du feu" (fireside chat) auprès des Américains. C'est aussi un calculateur capable de ne pas s'embarrasser de trop de sentiments pour parvenir à ses résultats, souvent égoïste et imbu de son autorité. Selon son Secrétaire d'État à l'Intérieur, Harold Ickes : "Vous êtes quelqu'un de merveilleux, mais vous êtes un homme avec lequel il est difficile de travailler.(…) Vous ne parlez jamais franchement même avec les gens qui vous sont dévoués et dont vous connaissez la loyauté."
1932 8 novembre : Roosevelt remporte l’élection présidentielle en battant très largement son adversaire, le président sortant Herbert Hoover ; le Collège électoral lui est favorable dans 42 États sur 48. La crise économique, en cette fin d’année, 13 millions d’Américains sont au chômage, contre laquelle l'action de Hoover a semblé insuffisante, la promesse d'une nouvelle redistribution des richesses (New Deal), expression utilisée par Roosevelt pour la première fois, le 2 juillet 1932 à la convention du parti démocrate, ont joué en faveur du gouverneur de l'État de New York.
Le résultat des élections : Franklin D. Roosevelt - démocrate 57,4 % (22 825 016) des voix et Herbert C. Hoover - républicain 39,6 % (15 758 397) des voix.
Présidence
1933
6 février : Le Congrès adopte le 20e amendement à la Constitution qui fait passer la date du début du mandat présidentiel du 4 mars au 20 janvier. Il ne s’écoule donc plus que deux mois entre l’élection présidentielle et celle de l’installation du nouveau président.
15 février : Giuseppe Zangara tente d’assassiner Roosevelt, qui n’est pas encore officiellement président, alors qu’il prononce un discours à Miami, Floride. Zangara est un anarchiste d’origine italienne dont les motivations sont d’ordre personnel. Il sera rapidement condamné à 80 ans de réclusion, puis à la peine de mort, car le maire de Miami meurt des blessures reçues pendant l’attentat. Il est exécuté le 20 mars, soit à peine un mois après le crime.
4 mars : Roosevelt devient le 32e président des États-Unis. Son gouvernement comprend, pour la première fois, une femme, Frances Perkins, au poste de ministre du Travail.
5 mars : Roosevelt ordonne la fermeture des banques pour une durée de quatre jours afin d’enrayer la panique causée par les faillites.
9 mars au 16 juin : Le Congrès vote pendant ces 100 jours la plupart des lois qui formeront le programme de la nouvelle répartition (New deal) des richesses. Les banques solvables peuvent de nouveau ouvrir ce qui met un terme à la panique économique et le gouvernement met en place deux agences pour gérer les travaux publics (4 millions d’emplois créés) et la stabilité de l’économie.
12 mars : Roosevelt donne la première de ses entrevues radiophoniques "au coin du feu". Il en donnera trente pendant sa présidence.
31 mars : Création du Corps des écologistes qui donne du travail à 250 000 jeunes en replantant les forêts nationales.
19 avril : Les États-Unis abandonnent l’étalon-or, ce qui donne un coup de fouet à l’économie.
12 mai : Passage de la loi sur "l’aide fédérale d’urgence" permettant d’accorder des subventions aux États pour leurs programmes d’assistance aux plus démunis et de la loi sur le "contrôle de l’agriculture" permettant de limiter la production, d’augmenter les prix et d’aider les fermiers en détresse.
18 mai : Passage de la loi sur "la vallée du Tennessee" pour lutter contre les inondations et permettre l’électrification des sept états de la vallée. La critique attaquera ce projet "socialiste" que d’autres considéreront comme un modèle de réalisation sociale.
13 octobre : Le gouvernement des États-Unis annonce son retrait de la Ligue des nations.
16 novembre : Établissement des relations diplomatiques avec l’URSS.
5 décembre : La ratification du 21e amendement par l’Utah met fin à la Prohibition.
1934
24 mars : Le Congrès vote la transition vers l’indépendance des Philippines qui ne sera effective que le 4 juillet 1946.
29 mai : Les États-Unis abandonnent le protectorat sur Cuba issu de la Guerre contre l’Espagne en 1903.
1935
4 janvier : Au cours de son allocution annuelle devant le Congrès sur "la situation de l’Union", Roosevelt annonce le lancement de la deuxième partie de son programme de nouvelle redistribution des richesses (New Deal). Il prépare des réformes de fond sur la sécurité sociale, l’assurance maladie, le chômage, etc. destinées à remplacer les mesures d’urgence qu’il a mise en place au début de son programme.
27 mai : La Cour suprême déclare l’inconstitutionnalité de l’une des lois du New Deal, donnant au gouvernement fédéral des pouvoirs sur les industriels. C’est un premier échec pour Roosevelt, mais aussi pour le gouvernement fédéral face aux États et aux intérêts individuels.
5 juillet : Signature de la loi autorisant les syndicats à représenter collectivement les salariés.
14 août : Signature de la loi sur la retraite à 65 ans, l’assurance chômage et extension de la sécurité sociale.
31 août : Signature de la loi sur la neutralité des États-Unis entre les pays en guerre. Ils s’interdisent de livrer directement des armes aux belligérants, mais autorisent ces derniers à venir s’approvisionner d’où le surnom "Cash 'n' Carry" qui lui sera donné ‘loi payé… emporté’. Elle sera appliquée à la guerre entre l’Italie et l’Éthiopie, puis à la guerre civile en Espagne. Le président était "interventionniste", alors que le Congrès était "isolationniste". Ce qui le poussa à déclarer : "Les États-Unis sont neutres, mais personne n'oblige les citoyens à être neutres", ce qui a donné des volontaires en Espagne dans le bataillon "Abraham Lincoln", d'autres en Chine de l'AVG (American Volunteers Group) qui formaient les "tigres volants de Claire Chennault et plus tard les volontaires de la Eagle Squadron au sein de la RAF.
Les procès de l'histoire ont montré que le Président eût poussé le Japon à la guerre par l'embargo sur les métaux et les produits pétroliers, qu'il eût connu les préparatifs et la date de l'attaque japonaise sur Pearl Harbor et qu'il eût laissé faire pour faire basculer la population et le Congrès vers l'interventionnisme. Ce fut l'Allemagne nazie qui déclara la guerre. Au travers du Chef de la Marine, indirectement et par son état-major, il fit sortir tous les porte-avions, laissant au port les autres bateaux afin de faire croire aux Japonais à la surprise. La guerre du Pacifique se fit essentiellement par l'intermédiaire des porte-avions.
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Franklin Delano Roosevelt |