Les Chroniques de l’Histoire

L’Histoire pour Tous

Des végétariens contre les omnivores

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La région des lacs africains offrait les conditions idéales à l’émergence de l’homme et à sa survie. En effet, les moyens de subsistance y étaient très variés ; il semble pourtant que les Australopithèques aient été pour l’essentiel végétariens. Leur denture et leur crâne sont modelés comme pour mieux moudre et s’adapter à une alimentation coriace à base de bulbes et de racines. Les muscles des mandibules s’insèrent fortement sur les côtés du crâne. Toutes ces caractéristiques se sont développées au maximum chez l’espèce boisi qui, sans doute plus que les autres a dû s’adapter à l’aridité progressive de

Enfant de Taung découvert en 1924 par Raymond Dart

l’Afrique orientale : le régime omnivore avait des avantages certains. Sur les quatre espèces d’Australopithèques, seul l’Afensis et l’Africanus semblent avoir pris goût à la viande. L’espèce Africanus, pour sa part, développa une forte denture composée d’incisives et de canines assez grandes, de prémolaires et de molaires assez développées, le tout constituant un ensemble capable de venir à bout de plantes fibreuses et de petites proies occasionnelles. Ces hommes primitifs vivent de chasse et de cueillette. D’ordinaire, ils tuent à main nue ou à l’aide de pierres et de pieux des petits animaux comme le porc-épic, le porc sauvage, le lièvre, les oiseaux et les rongeurs. A l’occasion, ils n’hésitaient pas à achever de gros mammifères blessés ou mourants, ni à consommer la chair d’animaux morts. Par la suite, l’Homo habilis développa, avec une denture convenablement adaptée à une alimentation désormais largement omnivore, des techniques de chasse et de dépeçage beaucoup plus sophistiquées. Sur le plan culturel, il est considéré comme le créateur de la culture dite des « galets aménagés » et peut-être également des premières sociétés humaines. Ses outils lui garantirent sa survie, mais ils lui permirent également de partir à la conquête de l’Asie et de l’Europe.