Les Chroniques de l’Histoire

L’Histoire pour Tous

Galilée, condamné pour excès de foi... scientifique

 

En mars 1616, l'Inquisition sanctionne Copernic pour sa théorie héliocentriste. Dix-sept ans plus tard, un autre astronome de génie est réduit au silence par l'Eglise, qui ne l'a toujours pas réhabilité officiellement.

Galilée est passé à la postérité à cause de son procès. Son œuvre n'est pourtant pas négligeable. L'invention de la lunette astronomique, la découverte des quatre satellites de Jupiter, l'observation de l'anneau de Saturne ou des taches solaires l'inscrivent parmi les précurseurs de l'astronomie moderne. De même la formulation de la loi concernant la chute des corps dans le vide, le mouvement pendulaire ou la définition du principe d'inertie constituent des avancées suffisantes pour le classer parmi les grands physiciens.

Mais ces travaux n'auraient pas suffi à le faire connaître durablement par le public si son affirmation de l'héliocentrisme et du mouvement de la Terre autour du Soleil - des théories avancées par Copernic et mises à l'Index en 1616 par l'Eglise - n'avait pas entraîné sa condamnation par le Saint-Office comme hérétique en 1633.

Sa douloureuse abjuration publique en fait aux yeux des générations suivantes le martyr de l'intolérance religieuse, la démonstration de la concorde impossible entre la science et l'Ecriture sainte. Si Galilée fait aujourd'hui l'actualité, n'est- ce pas parce que Rome, quatre siècles plus tard envisagerait sa réhabilitation, événement assez remarquable pour avoir provoqué la diffusion sur le petit écran d'un film illustrant ce procès hautement symbolique (le 7 janvier dernier).

Mais quel sens peut avoir une révision dans un procès de cette nature, alors que l'intéressé est mort depuis longtemps, que le tribunal qui a prononcé la sentence n'existe plus, que les procédures au sein de l'Eglise ont changé ? Peut-on parler de réhabilitation de Galilée, d'un acte de repentance de l'Eglise, prenant place parmi tous ceux qui ont été formulés dans les dernières années du pontificat de Jean-Paul II ?

Il convient au préalable de définir l'objet de la controverse qui provoqua la condamnation de Galilée, de comprendre et de décrire les protagonistes du drame - Galilée lui-même, Urbain VIII, la congrégation de la Sainte Inquisition - et de mesurer le contenu de la sentence. Le 3 juillet 1982, Jean-Paul II avait lui-même nommé quatre groupes de travail (exégèse, sciences et épistémologie, histoire, culture) pour tirer au clair les circonstances et le déroulement du procès et, plus globalement, de l'affaire Galilée.

La « mise au net » dans la lunette de l'Histoire de l'image de Galilée nous révèle progressivement un personnage bien réel, assez différent de celui que les siècles ont voulu faire surgir à partir du mauvais procès qu'on lui a fait. Galilée n'est ni un mystique ni une forte tête. Il appartient à une famille bourgeoise de cette Toscane de la deuxième moitié du XVIe siècle, économiquement prospère. Son père Vincenzio est drapier ; il est en outre musicien et travaille la théorie musicale. C'est lui qui a enseigné à son fils le luth et l'orgue. Soucieux d'assurer au jeune homme un revenu décent, il lui fait faire des études de médecine, et c'est à contrecoeur qu'il laisse le jeune Galileo apprendre les mathématiques. C'est dans la même perspective qu'en 1610 Vincenzio fait tonsurer son fils pour lui permettre de recevoir éventuellement un bénéfice ecclésiastique. La tonsure n'implique aucune obligation religieuse, ni le célibat ni la célébration des offices ; elle confère le privilège de clergie avec ses avantages dont celui de relever de la justice d'Eglise ; mais elle impose une stricte fidélité à la discipline ecclésiastique en matière de foi et de pratique.

Donc loin d'être un esprit fort, Galilée est un bon catholique, fidèle à ses obligations, tonsuré de surcroît et défenseur de l'autorité de l'Eglise. La volonté de voir en lui un esprit hostile à l'Eglise et militant contre son influence est un pur travestissement imaginé a posteriori par les philosophes des Lumières et les militants rationalistes et libertins qui ont voulu en faire un des leurs puisqu'il avait été martyr de l'obscurantisme catholique ! De la même manière, ce catholique rangé ne professe sur le plan religieux aucune doctrine hérétique sur le plan dogmatique. Intégré dans la société de son temps, c'est un fidèle des Médicis, il bénéficie de la protection du grand-duc Cosme II, qui multiplie les gestes de bienveillance à son égard. Il est assez courtisan pour qualifier de « médicéens » les quatre satellites de Jupiter ! La protection de la cour de Florence ne lui fera jamais défaut. En outre, il entretient des relations cordiales avec le pape Urbain VIII.

De son vrai nom Maffeo Vincenzio Barberini, ce dernier est né à Florence en 1568, dans une famille qui a fait fortune dans le commerce de tissus d'Orient. Beaucoup de traits rapprochent les deux hommes. Ils sont d'origine sociale voisine, sont à peu près de la même génération, baignés dans la même culture florentine - amoureuse de la beauté et des arts - et animés par un même goût de la connaissance et d'une égale volonté d'ascension sociale.

Elu pape le 6 août 1623, à 55 ans, ce solide quinquagénaire se conduit en pontife de la Renaissance, bienfaiteur de sa propre famille qu'il place dans tous les postes clés de la Curie, mais aussi esprit curieux des arts, des lettres et des sciences. Cardinal, il écrivait des poèmes ; pape, il réunit une magnifique bibliothèque, réglemente la musique sacrée, recompose lui-même certains hymnes liturgiques et corrige le latin du bréviaire. Urbain VIII s'entoure, en outre, d'architectes et de peintres étrangers qui viennent s'installer à Rome pour s'initier au baroque comme Van Dyck, Poussin et Vélasquez. Il se passionne aussi pour les découvertes scientifiques.

Depuis sa jeunesse, le pape connaît et apprécie les travaux de Galileo Galilei. Il sait que ce savant est un parfait chrétien, qu'il situe ses recherches au sein de l'Eglise et non contre elle. Aussi ne s'offusque-t-il guère lorsqu'il entend Galilée reprendre la théorie copernicienne.

Au siècle précédent, le chanoine polonais Nicolas Copernic dans son De revolutionibus orbium caelestium avait présenté comme une hypothèse intéressante l'héliocentrisme et le mouvement de la Terre autour du Soleil face à la théorie de Ptolémée et d'Aristote d'une terre centre du monde autour de laquelle tourne le Soleil, jusque-là canonisée comme enseignée par l'Ecriture. Par prudence Copernic avait dédié son oeuvre au pape Paul III Farnèse (1534-1549), grand réformateur qui avait convoqué le concile de Trente pour contenir la réforme protestante et refonder l'Eglise et, en même temps, protégé artistes et savants. Si l'oeuvre fut dénoncée comme dangereuse en contradiction avec l'Ecriture, elle échappa de peu à la censure en 1547. Mais ces idées firent leur chemin dans la communauté scientifique, affirmant qu'il n'y a aucune contradiction entre les nouvelles vérités physiques sur l'ordre du monde et les passages cosmologiques de la Bible, pourvu qu'ils soient correctement interprétés. Cette affirmation péremptoire est dénoncée devant le Saint-Office à Rome en mars 1616.

Entre le pape et le professeur, se dresse désormais un troisième acteur : l'organisme romain chargé de l'orthodoxie. En 1542, Paul III avait créé la congrégation du Saint-Office, afin de disposer à Rome d'un tribunal universel et rapide en matière de foi (intervenant notamment sur les questions d'hérésie et de schisme). Une autre congrégation répressive a été constituée, l'Index, dont le rôle est d'établir la liste des livres prohibés. Le bras armé du Saint-Office est l'Inquisition romaine, chargée de préparer les procès qui seront soumis aux cardinaux du Saint-Office. Cet organisme judiciaire comprend des représentants des grands ordres religieux (jésuites et dominicains par exemple). Les inquisiteurs agissent comme des juges d'instruction sur réquisition du pontife romain ou, spontanément, sur dénonciation.

A Florence, un dominicain, Tommaso Cacini, accuse en chaire Galilée d'avoir dans son enseignement proposé l'héliocentrisme et la rotation de la Terre et d'avoir soutenu que dans la connaissance des lois de la nature c'est à la science et à ses expériences qu'il faut recourir et non à l'Ecriture sainte faite pour dispenser aux hommes un enseignement spirituel et moral. Certes Galilée, s'il n'est plus le maître incontesté qu'il a été, compte des partisans comme Tommaso Campanella qui, dans son Apologia pro Galileo , défend le droit du maître toscan de conduire librement des recherches sans ingérence de la théologie. De même, le carme Paolo Antonio Foscarini, protégé par le cardinal Millini, membre de la Congrégation du Saint-Office, soutient dans sa Lettre sur l'opinion des pythagoriciens et de Copernic , publiée à Naples au début 1615, que l'héliocentrisme est une doctrine astronomique des plus probables et qu'il faut interpréter certains passages scripturaires, jusque-là pris au pied de la lettre. Foscarini a écrit au cardinal Bellarmin - jésuite membre du Saint-Office et de l'Index - pour soutenir que ce débat sur la rotation de la Terre ne relevait pas de la foi et ne touchait pas aux dogmes.

Malheureusement, le cardinal théologien réputé pour sa largesse d'esprit oppose une fin de non-recevoir à Foscarini et, à travers lui, à Galilée dans sa lettre du 12 avril 1615. Il invite les deux hommes à s'en tenir à l'interprétation traditionnelle, « le Soleil se lève et se couche » comme dit Salomon, et Josué en a bien arrêté la marche. Les deux congrégations concernées vont montrer la même intransigeance : le 24 février 1616, les consulteurs du Saint-Office déclarent que les deux propositions soutenues par Galilée - « le Soleil est le centre du monde, immobile ; la Terre tourne sur elle-même et autour du Soleil » -, sont « stupides et absurdes » et contraires à la foi, l'absence de mouvement du Soleil étant définie comme formulation hérétique, celle relative à la rotation de la Terre étant tenue pour seulement erronée au regard de la foi.

Sur l'ordre de Paul V, Bellarmin invite Galilée, sous peine d'emprisonnement, à abandonner l'héliocentrisme. Le 5 mars 1616, la congrégation de l'Index publie un décret définissant l'héliocentrisme comme une doctrine fausse et contraire à l'Ecriture. Les cardinaux suspendent la publication du De revolutionibus de Copernic et interdisent la lettre de Foscarini. Galilée est donc dûment prévenu de l'interdiction d'enseigner l'héliocentrisme sous peine de censure frappant les hérétiques. Il semble, en haut lieu, que l'on ait décidé de s'en tenir là. Maffeo Barberini, devenu pape en 1623, n'a nullement l'intention de poursuivre son ami Galilée - à la condition qu'il n'enseigne pas ex cathedra l'héliocentrisme comme une certitude compatible avec l'Ecriture sainte. Seule une initiative de Galilée ou l'acharnement de ses adversaires peuvent rompre ce modus vivendi . En condamnant les thèses de Copernic, le Saint-Office réduit Galilée au silence...

La mesure qui condamne Copernic, mort depuis un demi-siècle, vise en fait Galilée qui reprend à son compte l'héliocentrisme. Entre-temps, celui-ci a été élu à l'académie dei Lincei, le cénacle scientifique pontifical et il continue d'enseigner à Florence. Lorsqu'en 1623, son ami le cardinal Maffeo Barberini devient pape, Galilée pense avoir conservé sa bienveillance. Et ce dans la mesure où s'il expose la nouvelle théorie de la rotation de la Terre autour d'un soleil immobile, centre du monde, il la présente comme une hypothèse possible et non comme la vérité.

En 1623, Galilée publie en italien El saggiatore (l'Essayeur), un texte qui annoncerait l'atomisme. Il le dédicace à Cosme de Médicis qui le communique au pape. Celui-ci déclare l'intérêt qu'il a pris à sa lecture. Galilée rassuré publie alors en 1632, en italien, le Dialogue sur les deux grands systèmes du monde . Trois personnages animent les débats. Simplicio défend le système classique de Ptolémée et d'Aristote, Salviati l'héliocentrisme copernicien, devant Sagredo qui joue le rôle de l'arbitre. Malgré un double imprimatur de Florence et de Rome, le livre est interdit et le pape laisse assigner Galilée devant le Saint-Office en septembre 1632. Comment expliquer ce revirement pontifical ?

 

Urbain VIII a trouvé que Salviati qui incarne l'héliocentrisme l'emporte sur Simplicio et que Galilée a mis dans la bouche de ce dernier des arguments qu'il a lui-même développés et, qu'ainsi, il l'a ridiculisé. Est-ce la colère qui l'a poussé à laisser le tribunal censurer Galilée, ou est-ce la prudence ? Dans la mesure où Galilée défend l'héliocentrisme sans pouvoir le prouver, ni justifier la rotation de la Terre par les marées - argument qui ne résista pas à l'examen -, le reconnaître pouvait soulever des tempêtes dans une opinion déjà ébranlée par la propagande réformée. D'autant que dans une certaine mesure Galilée veut donner à son « hypothèse » la reconnaissance de l'Ecriture. L'audace de Galilée ne peut plus suffire à le sauver.

Le Saint-Office a pour préfet le neveu du pape, le cardinal Francesco Barberini, qui était son confrère à l'académie dei Lincei. Les conditions de détention sont douces, mais les interrogatoires menés par trois inquisiteurs, dont un jésuite et un dominicain, sont sévères. Malgré la fatigue de l'âge, Galilée se défend avec vigueur et intelligence, n'avoue aucune erreur et convainc ses accusateurs de la vérité de ses expériences sur la chute des corps. Mais défendant la thèse que la science mène à Dieu, il en fait une sorte de religion. Thèse insoutenable aux yeux des inquisiteurs.

Galilée est en « sursis » pour employer une expression juridique moderne. S'il refuse d'avouer ses erreurs, il risque la sentence capitale. Il accepte donc d'abjurer solennellement l'héliocentrisme comme le mouvement de rotation céleste, le 22 juin 1633 dans l'église Santa Maria Sopre la Minerva. Condamné à la résidence surveillée, fixée rapidement à Arceti, tout près de Florence, il reprend ses travaux entouré de ses deux filles et publie, en 1638, ses Discours et démonstrations mathématiques concernant deux nouvelles sciences qui constituent son testament scientifique et fondent la physique nouvelle. Après avoir perdu la vue, il meurt en paix dans la nuit du 7 au 8 juin 1642. Il repose depuis dans l'église de Santa Croce de Florence.

La mort du vieux savant ne met pas pour autant un point final à l'affaire. Si à la sortie du tribunal Galilée n'a pas prononcé pas la célèbre phrase qu'on lui prête, « Epur si muove » (Et pourtant elle tourne), il est resté persuadé de la vérité de la théorie de la rotation terrestre. Il lui a manqué seulement la preuve scientifique de ce qu'il avançait. Mais il a abjuré, sachant qu'Urbain VIII aurait été impuissant à le sauver après la sentence d'hérésie. Une pareille mesure de faiblesse aurait gravement compromis l'autorité du pontife romain. Pour les deux hommes, cette abjuration évite le pire.

Beaucoup, dans les milieux scientifiques, après l'abjuration de Galilée, interprètent son geste de prudence à sa juste mesure et sont persuadés de l'exactitude de l'héliocentrisme et s'efforcent d'en apporter la preuve irréfutable. Avec les découvertes de Newton, le XVIIIe siècle valide les hypothèses de Copernic et de Galilée. En 1741, devant la preuve optique de l'orbitation de la Terre, le pape Benoît XIV fait donner par le Saint-Office l'imprimatur à la première édition des oeuvres complètes de Galilée. Ce geste constitue une révision implicite de la sentence de 1633 et se traduit, en 1757, par le décret de la Congrégation de l'Index qui retire du catalogue des livres interdits tous les ouvrages favorables à l'héliocentrisme.

Dès lors que Benoît XIV annule les sentences canoniques prises contre Galilée, parler de révision du procès n'a plus de sens. Mais il est évident que cette mesure canonique n'a pas l'écho de la condamnation de 1633. Elle est restée ignorée du grand public, n'a pas effacé la honte infligée au vieux maître, ni reconnu l'injustice de la sentence. Il y a eu révision mais pas réparation.

En 1823, Pie VII confirme ces mesures et le père Olivieri, commissaire du Saint-Office, rédige un rapport favorable avec concession d'imprimatur pour tous les ouvrages présentant l'astronomie copernicienne comme une thèse vérifiée. Entre-temps, Napoléon a fait transférer certaines archives du Vatican à Paris. Le dossier de Galilée est soigneusement inventorié et numéroté. La traduction bilingue de toutes les pièces est engagée. Mais les difficultés de la fin du règne et la défaite de l'Empereur ne permettent pas d'achever l'entreprise. Le tout revient à Rome en bon ordre, les pièces qui ont été traduites sont consultables. Que souhaitait Napoléon ? Faire réhabiliter Galilée ? Rien n'a transpiré sur son projet.

En 1942, Agostino Gemelli, fondateur de l'Université catholique de Milan et président de l'Académie pontificale des sciences, écrit en préface d'un volume publié à l'occasion du troisième centenaire de la mort de Galilée : « Les catholiques ne craignent pas de reconnaître loyalement que le procès contre Galilée a été une erreur. Ce fut une erreur grave qui ne met en cause ni l'infaillibilité du pape ni l'autorité de l'Eglise. Elle ne fut pas davantage contraire à la règle de charité observée par l'Eglise dans les procès canoniques. Ce fut une erreur de théologiens. »

Le concile Vatican II reconnaît le caractère indu de certaines interventions de l'Eglise dans le domaine de la science : « Qu'on nous permette de déplorer certaines attitudes qui ont existé parmi les chrétiens eux-mêmes, insuffisamment avertis de la légitime autonomie de la science. Sources de tensions et de conflits, elles ont conduit beaucoup d'esprits jusqu'à penser que science et foi s'opposaient. » La référence à Galilée est clairement exprimée dans la note jointe à ce texte.

Le cardinal Poupard présente les travaux de la commission instituée en 1981, dans un ouvrage intitulé Galileo Galilei, 350 ans d'histoire 1633-1983 (Desclée international, 1983), avec la clarification suivante : « Ces travaux ne s'inscrivent pas dans un procès de réhabilitation, comme on a pu parfois le croire, ni dans un cadre juridique qui est hors de leur compétence. Il s'agit d'une clarification opérée par des hommes de sciences, soucieux de comprendre et d'aider à comprendre : situer Galilée, d'abord par rapport à ses prédécesseurs, le chanoine Copernic, d'une part, et par rapport à ses contemporains, les professeurs du Collège romain, d'autre part ; puis dans la culture scientifique, philosophique et théologique de son temps, enfin au cours des siècles, de l'époque des Lumières aux milieux scientifiques aujourd'hui. »

En septembre 1989, devant l'université de Pise, ville natale de Galilée, le pape Jean-Paul II lui rend un solennel hommage : « Son oeuvre scientifique, persécutée à l'origine, est à présent reconnue de tous comme une étape essentielle de la méthodologie de la recherche et en général sur le chemin de la connaissance du monde de la nature. »

Lors du jubilé de l'an 2000, se tenait, à Rome, celui de la science et, dans ce cadre, le 25 mai un hommage de la communauté scientifique était rendu à Galilée « qui peut être tenu comme le père de la physique moderne ». Le soir même un concert fut donné en sa mémoire dans l'église Santa Maria Sopre la Minerva. La liste des cérémonies à la gloire de Galilée n'est pas close...

Ainsi par étapes, justice a été rendue à Galilée. Le pape Benoît XIV a révisé la sentence canonique. Le concile Vatican II a proclamé l'autonomie absolue de la recherche scientifique. Pie XII dans l'encyclique Divino afflante Spiritu donnait à l'exégèse sa norme de liberté en distinguant les différents genres littéraires dans l'Ecriture. Jean-Paul II a proclamé la grandeur de Galilée, chercheur profondément attaché à la vérité de la science à la lumière de la foi. Il reste à rendre à la mémoire de Galilée l'amour et l'affection fraternelle que l'Eglise et certains hommes de son temps n'ont pas su donner à sa personne.