Les Chroniques de l’Histoire

L’Histoire pour Tous

La Franc-Maçonnerie féminine

 

La curiosité de lady Elisabeth

 

La légende veut que la première femme initiée aux mystères maçonniques l’ait été en Angleterre. Lady Elizabeth saint Léger avait pour père Lord Dorenaille, un Franc-Maçon qui recevait son atelier chez lui. Une pièce de son manoir servait de loge.

 

Une nuit, pendant une tenue, la jeune fille voulut à tout prix écouter et voir ce qui se passait dans ce drôle d’endroit. Elle avait fait dans la journée un trou en haut du mur de la Loge.

 

Montée sur une échelle, elle put ainsi assister à une initiation de compagnon, jusqu’à ce qu’elle tombe de l’échelle par maladresse. Avertie par les cris de la curieuse, toute la Loge se précipita sur elle, et ne lui laissa la vie sauve qu’à la condition expresse qu’elle se fasse initier aussi. Elle accepta, fut initiée et prêta serment de ne jamais dévoiler ce qu’elle avait vu.

 

Les femmes prennent dès le début du XVIIIe siècle un rôle de plus en plus important. Certaines d’entre elles frappent à la porte du Temple, et veulent se faire initier.

 

Au début, les frères français, se référant aux Constitutions d’Anderson, ne souhaitent initier des profanes du sexe faible. Ils finirent par céder au bout de quelques années, trouvant que la présence de dames dans un temple pouvait avoir quelques agréments.

 

Les loges d’adoption

 

Galants, mais « machos » les Francs-Maçons n’accordèrent pas à leurs sœurs les mêmes devoirs et droits qu’à eux-mêmes. Elles ne possédaient pas de loges privées, elles étaient rattachées à une loge masculine, elles étaient adoptées par les frères qui exerçaient avec elles des tenues communes immédiatement après les travaux normaux des frères.

 

L’initiation des femmes différait beaucoup de celle de leurs frères (il était difficile à l’époque pour une femme de montrer son genou sans se faire traiter de catin).

 

A la fin de ces tenues communes, il y avait un bal précédé d’un repas. Ces loges d’adoption autorisées en 1774 furent plutôt rares et ne comptaient que de grandes dames de l’aristocratie, la princesse de Lamballe, amie de Marie-Antoinette, par exemple.

 

La plus connue est la Loge des Neufs Sœurs ou Voltaire fut initié trois semaines avant sa mort. Cette maçonnerie mixte, assez inégale, encore plus futile que la masculine, s’attira nombre de remarques et beaucoup jasèrent sur ce qui devait se passer réellement dans les Temples.

 

L’égalité du Droit Humain

 

Il faudra attendre la fin du XIXe siècle pour que Maria Deraisme crée une obédience mixte, le Droit Humain, où frères et sœurs seront à égalité.

 

Voici un petit quatrain, qui, à sa façon explique pourquoi les femmes furent, au début, exclues des travaux maçonniques :

 

« Si le sexe est banni, qu’il n’en ait point d’alarmes

Ce n’est point un outrage à sa fidélité

Mais je crains que l’amour rentrant avec ses charmes

Ne produise l’oubli de la fraternité. »