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Les Chroniques de l’Histoire |
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Le Front Populaire et les Accords Matignon
Pour toute une génération de Français, le Front populaire a laissé des souvenirs contradictoires. Peur sociale pour les uns, impressionnés par les grèves, les manifestations de masse, l’Internationale, le poing tendu. Immense espoir pour d’autres, assurés d’un avenir meilleur. Quoi qu’il en soit, le Front populaire, c’est-à-dire l’alliance entre les radicaux-socialistes, les socialistes et les communistes, prend véritablement naissance lors de la grande manifestation de la Bastille à la porte de Vincennes du 14 juillet 1935. Les origines de cette alliance sont multiples. Il y a les effets de la crise économique et de la politique de déflation sur les classes populaires. Il y a aussi, dans la gauche, la peur de la menace que certains groupements font peser sur la République depuis le 6 février 1934. Il y a enfin la nouvelle stratégie élaborée par Moscou. Par crainte de l’Allemagne nazie, Staline veut une France forte et incite le parti communiste à se rapprocher des formations démocratiques dans le cadre d’un « Front populaire », c’est-à-dire d’une alliance électorale avec entente sur un programme politique, économique, financier et social. En dépit d’un léger déplacement de voix, le Front populaire remporte une éclatante victoire électorale en avril-mai 1936. Mais les difficultés commencent aussitôt. Les communistes refusent leur participation et Léon Blum doit composer un gouvernement uniquement avec des socialistes et des radicaux-socialistes. Une vague de grèves sans précédent avec occupation d’usines déferle sur le pays. Les travailleurs tiennent à se mettre en position de force. Le conflit est réglé par les accords de Matignon de juin. Indépendamment d’augmentations de salaire, les ouvriers bénéficient de la semaine de 40 heures et de congés payés. Pour la première fois, les masses partent en vacances. Le système des conventions collectives est généralisé. À partir de l’été de 1936 se produisent des difficultés sérieuses qui vont compromettre l’expérience. La guerre d’Espagne met le gouvernement dans une situation délicate. En dépit des communistes, Blum refuse d’intervenir, obligé qu’il est de tenir compte des réticences des radicaux et de l’hostilité de la droite aux républicains espagnols. Mais c’est sur le plan économique que la situation est la plus grave. La reprise est très lente, le chômage persiste et l’aggravation de l’inflation oblige le gouvernement à dévaluer. Le refus du Sénat d’accorder les pleins pouvoirs financiers, le 21 juin 1937, provoque la démission du gouvernement Blum. Après l’intermède Chautemps, le Front populaire s’achève en mars 1938, avec la formation du cabinet Daladier.
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