Les Chroniques de l’Histoire

L’Histoire pour Tous

Le mystérieux royaume du Prêtre Jean

 

De la rumeur à la légende

 

A l’époque des croisades, au début du XIIe siècle, des pèlerins éthiopiens à Jérusalem avaient laissé entendre l’existence d’un lointain royaume chrétien et d’un mystérieux roi chrétien oriental connu sous le nom de Prêtre-Jean. Puis, une série d’événements renforcèrent cette rumeur : en 1122 le pape Calixte II accorde une audience à un certain Jean prélat, originaire d’Edesse et patriarche des Indes. Odon de Reims raconte dans son De Adventu Patriachae Indorum que le pape Calixte II avait accordé une audience à un certain Jean prélat, originaire d’Edesse. Ce prélat serait à Rome pour demander des renforts pour Jocelyn Ier prisonnier des musulmans. De plus ce prélat Jean souhaitait recevoir du Pontife « le pallium de patriarche des Indes ». Autrement dit, étant de fait évêque ou patriarche des Indes, il vient chercher auprès du Pontife une reconnaissance officielle. A cette époque Hugues de Payens est en Terre Sainte avec ses huit compagnons. Baudouin II est roi de Jérusalem.

 

En 1145, un an après la chute d’Edesse, le bruit court qu’un roi prêtre chrétien a remporté de grandes victoires sur les Turcs. La chute d’Edesse avait été très mal vécue en Occident, car Edesse (aujourd’hui Urfa en Turquie, près de la frontière syrienne) était une ville chère au cœur des chrétiens. Elle était en effet considérée comme le centre du premier royaume chrétien d’Orient, d’après la légende d’Abgar rapportée entre autres au Ive siècle par Eusèbe dans son Histoire ecclésiastique. Selon cette tradition, le roi Abgar le Noir (il régna de 13 à 50), étant affligé d’une maladie, avait envoyé une lettre au Christ lui demandant de le guérir. Celui-ci lui aurait répondu qu’il le ferait guérir par un de ses disciples. Après l’Ascension, Judas Thomas (Thomas de Didyme, le jumeau de Jésus), tenant la promesse faite par le Christ, envoya à Edesse l’apôtre Thaddée qui guérit le roi grâce au tissu sur lequel le visage du Christ s’était imprimé (le mandylion) lors de la Passion. Le roi Abgar alors se convertit et l’Osrhoème dont Edesse était la capitale devint le premier royaume chrétien d’Orient. C’est aussi à Edesse que l’on translata depuis l’Inde les reliques de Thomas après sa mort, c’est là que l’on vénérait sa sépulture.

 

C’est d’ailleurs le dialecte araméen d’Edesse qui devint peu à peu la langue des chrétiens de la Syrie du nord et de la Mésopotamie. Elle est encore utilisée dans les liturgies des Eglises orientales depuis le Liban jusqu’en Inde. Ce qui se comprend puisque Edesse fut le point de départ des missionnaires chrétiens qui se rendaient en Asie centrale dans le Turkestan, la Mongolie et la Chine. Quant au mandylion, il fut vénéré à Edesse jusqu’à ce que les Byzantins s’en emparent. Puis les Croisés l’emportèrent en même temps que le linceul dit « de Turin », lorsqu’ils pillèrent Byzance. Après la chute d’Edesse, dont la nouvelle frappa l’Occident à Noël de 1144, suivit d’un hiver désastreux qui engendra la famine et toutes sortes de prédictions alarmantes. C’est alors que, en novembre 1145, l’évêque d’Edesse, Hugues de Cabala se rendit à la cour du pape Eugène III, qui se trouvait à Viterbe, pour demander secours pour sa ville qui avait été prise par les musulmans une année plus tôt. Et en même temps il annonçait qu’un roi asiatique pratiquant le christianisme nestorien, nommé « Presbyter Johannes », avait remporté de grandes victoires sur les Turcs seldjoukides.

 

Cette histoire fut rapportée en 1146 dans la Chronica sive Historia de duabus civitatibus de l’évêque Otton de Freising, conseiller de Frédéric Barberousse : «Il (Hugues de Cabala) racontait encore que peu d’années auparavant un certain Jean demeurait au-delà de la Perse et de l’Arménie, à l’extrémité de l’Orient. Roi et prêtre, il était chrétien ainsi que ses sujets, mais nestorien et fit la guerre à des rois de Perses et des Mèdes qui sont frères et sont appelés Samiardes ; il les chassa de la capitale de leur royaume, Ecbatane (aujourd’hui Hamadân en Iran au Sud Ouest de Téhéran) ». Toujours d’après Otton de Freising, ce prêtre Jean serait un descendant des rois mages. Otton vit immédiatement en lui la fusion harmonieuse du pouvoir temporel et spirituel. Demi-frère de l’empereur Conrad III, il était l’un des organisateurs des croisades et saint Bernard commença à prêcher la seconde croisade, en mars 1146.

 

On peut donc penser que la décision prise par l’empereur de participer à la croisade avait influencée par la nouvelle (vraie ou fausse) qu’un potentat chrétien venait d’écraser des musulmans, que cette histoire ait été inventée ou non pour redonner courage aux chrétiens d’Occident et servir d’exemple à l’empereur. Quoiqu’il en soit, l’existence du Prêtre-Jean fut acceptée. D’autant que des prédictions qui circulaient alors en Occident correspondaient à cette histoire. Quant à la localisation de son royaume, elle est très vague. On dit qu’il va jusqu’à l’extrémité de l’Orient, c'est-à-dire jusqu’à l’Océan Oriental (Océanus Orientalis) autrement dit jusqu’à la mer de Chine. Otton de Freising désigne le Prêtre-Jean comme « Roi de l’Arménie et de l’Inde ».

 

1165 la « lettre du Prêtre-Jean » met le feu aux poudres

 

En 1165 parvient au pape la traduction d’une lettre qui était censée avoir été destinée au trois « grands » de l’époque, le pape Alexandre III, Frédéric de Barberousse et l’empereur de Constantinople, Manuel de Commène (1143-1180). Cette lettre était écrite par le Prêtre-Jean (Prebyter Johannes Dominus Dominatium), dit Roi de rois, Seigneur des seigneurs, roi de l’Arménie et de l’Inde et mieux encore « rois des trois Indes et de toutes les contrées depuis la Tour de Babel jusqu’au lieu de sépulture de l’apôtre Thomas (autrement dit Edesse) ». Dans cette lettre, il annonçait son intention de chasser définitivement les sarrasins de la Terre Sainte.

 

Ce que l’on appelait « Les trois Indes » au Moyen Age, étaient la « Nubie » autrement dit l’Afrique ; le royaume de Saba, autrement dit l’Arabie et le royaume de Tharse au-delà de la Perse, autrement dit l’Asie de la Perse à la Chine. Ces trois Indes étaient considérées comme formant le quart sud-est de la Terre habitée, (l’Oikouménè : le monde habité), le bout du monde étant la Chine. On apprenait d’après cette lettre, que le Prêtre-Jean avait comme « vassaux payant tribu soixante douze rois asiatiques ». Notons au passage que le nombre de soixante-douze est un nombre traditionnel et symbolique. Il correspond aux soixante-douze demi décans du cercle zodiacal et au soixante douze génies qui les commandent. Ce sont les soixante-douze quiner de la tradition kabbalistique. Ce nombre, en fait, symbolise la totalité. Il est utilisé partout à cette époque et les soixante-douze articles de la règle initiale du Temple n’y font pas exception. En fait, il semblerait bien qu’il y avait en Asie à cette époque un nombre proche de soixante-douze de diocèses nestoriens plutôt que des royaumes comme le prétendait le Prêtre-Jean dans la pseudo lettre. De toutes les façons, on le verra au fur et à mesure, le nombre de nestoriens dispersés sur de très vastes territoires pouvait très bien permettre de faire du Prêtre-Jean le Patriarche d’une large communauté chrétienne asiatique.

 

La lettre elle-même, par contre, est considérée par tous les historiens comme un faux. On pense qu’il faut l’attribuer à Chunrado archiepiscopo de Mayence, le soi-disant traducteur de la lettre du grec au latin. Ce faux aurait été établi dans le but de réconcilier le pape et l’empereur en les entraînants ensembles à la croisade. Faux ou pas, elle fit le tour de l’Europe. On en connaît des exemplaires en France, en Angleterre, en Italie, en Islande et en Russie. C’est elle qui permit à la légende du personnage mystérieux connu sous le nom de Prêtre-Jean de se répandre. C’est à partir de là que les hommes du Moyen Age le cherchèrent à travers toute l’Asie. Et son existence ne cessera de hanter les imaginations. A la fin du XIIe siècle la légende du Prêtre-Jean est bien installée. C’est ainsi que le pape Alexandre III envoya une lettre datée du 27 septembre 1177 au souverain d’Abyssinie qu’il qualifiait de « Johanni illustri et magnifico Indorum regi ». Cette localisation du Prêtre Roi Jean en Nubie et en Abyssinie perdura jusqu’au XIVe siècle. Aux alentours de 1229 des bruits couraient comme quoi Frédéric II aurait échangé des ambassades avec lui, peut-être dans l’espoir de trouver une alliance contre le péril mongol de Gengis Khan. En tous cas Brunetto Latini, le maître de Dante, raconta que le Prêtre-Jean avait fait cadeau à l’empereur d’un éléphant. D’autres récits rapportèrent qu’il lui avait aussi donné des pierres merveilleuses, un élixir de jouvence, un anneau rendant invisible et la pierre philosophale.

 

Les voyageurs et le Royaume du Prêtre-Jean

 

En 1245, Jean du Plan Carpin et N. Ascelin, envoyés par le pape Innocent IV comme ambassadeurs, partent en Tartane auprès du Khan (le Cham) des Tartares pour le prier de cesser ses ravages contre les chrétiens. Ils vont entendre parler du Prêtre-Jean et d’une extraordinaire bataille où l’on voit deux cavaliers chrétiens montés à deux sur un même cheval. Partis d’Italie et passant par la Pologne et la « Russie où commence le Païs des Tartares », ils s’enfoncent en « Tartarie ». Ils ont reçus le 4 avril, le Vendredi Saint, par le « Cham », (le Khan), Bathy (Batou), petit fils de Gengis Khan, dont le campement se trouve sur la Basse Volga. De là, Batou les envoie au Grand Khan par l’ancien pays Qarakhitaï, au sud du lac Balkhach et par l’ancien pays Naïman. Plan Carpin décrit les pays qu’ils traversent.

 

Il arrive au campement impérial à une demi journée de Qaraqoroum, la capitale de l’empire, et assiste à l’élection du nouveau Grand Khan qu’il appelle Cuyné, dit Gogcham (Güyük, fils d’un premier mariage de l’épouse d’Ogodai qui, lui, était un fils de Gengis Khan). Il nous le décrit et en même temps nous parle des nestoriens qui l’entourent : « il avait environ 40 ou 45 ans au plus ; il était de taille moyenne, fort sage, avisé, sérieux et plein de gravité en son air et ses manières. Personne ne le voyait rire ou faire autre action de gaieté ainsi que nous disaient les chrétiens qui demeuraient d’ordinaire à la Cour. Les chrétiens de sa suite et ses domestiques nous assuraient qu’il avait volonté de se faire chrétien et ils se fondaient en cette créance sur ce qu’ils lui voyaient tenir auprès de soi des prêtres chrétiens auxquels il donnait appointements. Il avait aussi une chapelle ou oratoire devant sa grande tente où des gens d’Eglise psalmodiaient publiquement et faisaient le service aux heures comme les chrétiens grecs (nestoriens) ». Les principaux ministres du Grand Khan, son précepteur Qadaq et le chancelier Tchinqai étaient nestoriens. Et un autre de ses conseillers, le chrétien syriaque Siméon dit Raban, était commissaire aux affaires chrétiennes.

 

Mais Carpin aussitôt après nous fait savoir que l’empereur une fois élu s’apprêtait à soumettre les chrétiens d’Occident. Heureusement Güyük meurt prématurément en 1248. Nos deux voyageurs prennent le chemin du retour en passant par Kiev. Après la description du voyage, Carpin consacre toute la seconde partie de son récit sur les mœurs des Tartares en un seul chapitre, le dernier (chapitre XVI) qu’il divise en huit articles. A l’article V, intitulé « De l’empire et de Seigneurie des Tartares », carte à l’appui, il distingue plusieurs peuplades, parmi elles les Huires qui étaient chrétiens nestoriens et les Kitayens « à moitié chrétiens ».

 

Après quoi il nous raconte une étrange histoire concernant une bataille entre les Tartares et les « chrétiens de la Grande Inde ». Leur roi était appelé le Prêtre Jean et certains de ses guerriers combattaient à deux sur un même cheval en utilisant un extraordinaire stratagème : Averti de l’arrivée des Tartares, « le Prêtre-Jean vint à leur rencontre avec ses forces et ayant fait des figures d’homme en bronze, les fit attacher sur les selles des chevaux et mettre du feu dedans, avec un homme en croupe sur le cheval et derrière la figure, avec un soufflet. Il en fit faire quantité de cette sorte, puis, étant venu pour livrer bataille aux Tartares, il fait marcher ses chevaux ainsi accommodés les premiers et les hommes qui étaient derrière jetèrent je ne sais quoi dans le feu qui était dans chaque figure et le soufflant bien fort, cela fit élever une telle fumée que les Tartares en furent tous couverts : alors que les autres les attaquèrent à coups de flèches, de sorte qu’il y en eut beaucoup de tués et le reste fut chassé et mis en fuite ; je n’ai point su que depuis ils soient revenus ». On ne peut s’empêcher de penser, en lisant cette histoire, au récit qui fut fait concernant les Templiers combattant à deux sur un même cheval avec en croupe le second qui était un diable déguisé en forme humaine. La figure de bronze pétaradante (d’autre légendes disaient que le Prêtre Jean lançait le tonnerre contre ses ennemis), crachant de la fumée et peut-être des flammes, devait sans doute épouvanter les Tartares en même temps que la fumée les aveuglait… On reconnait là l’influence de la Chine dont les ingénieurs de l’époque étaient particulièrement en avance sur l’Occident.

 

De 1247 à 1250 le connétable d’Arménie, Sempad, visite l’Asie et raconte que les chrétiens sont partout en Asie, parlant lui aussi du Prêtre Jean. Vincent de Beauvais nous rapporte la teneur d’une lettre du connétable d’Arménie à Henry de Lusignan, à l’époque roi de Chypre. Dans cette lettre le connétable, envoyé par son frère le roi d’Arménie (Cilicie), Hathoum Ier, raconte que les chrétiens sont partout en Asie, qu’il a visité leurs églises et que même ils ont converti des Tartares. Il ajoute que, au pays de l’Inde où l’apôtre Thomas a prêché et qu’il a converti, il y a encore un certain roi chrétien qui était fort opprimé par des rois sarrasins voisins qui lui faisaient la guerre, qu’il a été secouru par les Tartares et qu’ensemble ils ont battu les mahométans, gagné une bonne partie de l’Inde et réduit en esclavage cinq cent mille musulmans. Puis il parle d’un fils du Prêtre Jean qui aurait été tué par les Tartares. En 1253, alors que Monagu-Cham (Mongka) était le Grand Khan, le franciscain Guillaume de Rubruquis (Roubrouck), missionné par Saint-Louis qui était encore en Syrie en guerre avec les sarrasins, partit à son tour chez les Tartares. Dans sa « lettre au roi » il relate son voyage et parle à plusieurs reprises du Prêtre Jean et de son Royaume qu’il situe sur sa carte.

 

Parti de Constantinople, en mai 1253, il arrive le 31 juillet à la cour de Sartach (Sartaq, fils de Batou) sur la rive occidentale de la Basse Volga. Il est introduit par un chrétien nestorien nommé Coyat. (Sartaq était aussi nestorien mais ne se disait pas chrétien car il croyait que c’est un nom de pays ce qui l’ambassadeur perplexe car il a entendu dire qu’il était chrétien). Rubruquis rencontre des sarrasins, des chrétiens nestoriens ainsi qu’un Templier un « des chevaliers du Temple qui avaient été à Chypre » et qui semble servir d’interprète : il parle le Syriaque, le Turc et l’Arabe, Rubruquis fait remarquer au passage que les chrétiens nestoriens et arméniens ne mettent jamais de figure de crucifix sur leurs croix car ils tiennent pour « déshonneur que la figure de notre Seigneur y soi vue clouée et attachée ».

 

On lui parle d’un pays d’un pays nommé Cathay situé « vers l’orient près de la mer » (en fait entre la Chine et la Mongolie au Nord Ouest de Pékin) au-dedans de certaines montagnes avec une grande campagne où était autrefois un grand prêtre nestorien qui était Seigneur d’un Peuple nommé Nayman, tous chrétiens nestoriens. Il devint roi et tous les nestoriens l’appelaient le Roi Prêtre Jean et disaient de lui des choses merveilleuses. On comprend au passage que Cathay, par sa proximité étroite avec la Chine, avait permis au Roi Prêtre Jean de se rendre auprès des ingénieurs chinois et qu’ainsi il put apprendre à se servir de la poudre, à fabriquer des pétards et des fumigènes. On raconte aussi à notre ambassadeur explorateur que ce Prêtre Jean n’avait pas de fils (ou bien n’en avait-il plus, avait-il été tué comme le rapportait le connétable d’Arménie ?) mais avait un frère, nommé Unc, prêtre comme lui, qui habitait au-delà des montagnes de Cara Catay, mais il abandonna la foi du christ et devint idolâtre. A la mort du Roi Prêtre Jean, Unc lui succéda et se fit appeler Cham (Kahn). Rubruquis quitte Sartach, traverse la Volga et rend visite au kahn Baatu (Batou) et l’envoie au Grand Khan Mongke. Il traverse alors le fleuve Oural et entre dans la grande steppe asiatique. Il rencontre une communauté nestorienne, puis une communauté bouddhique.

 

A l’est du lac Baikhal, il s’arrête à Tarbagataï puis, continuant vers le nord-est, il arrive dans une grande plaine « semblable à une grande mer ». Cette grande plaine est le « pays des Naymans qui avaient été proprement les sujets du Prêtre Jean ». Enfin, le 5 avril 1254, il arrive à la cour du Grand Khan Mongka près de la capitale. De là il suit la cour à la capitale Qaraqorum. Là il trouve un orfèvre parisien nommé Guillaume Boucher.

Surtout il constate que, pour les grandes fêtes à la cour, les prêtres nestoriens étaient admis les premiers à venir avec leurs ornements, bénir la coupe du Grand Khan, suivis du clergé musulman et des moines « païens » (des bouddhistes et des taoïstes). Mongka suivait parfois son épouse nestorienne aux offices de cette église. Le premier secrétaire est nestorien.

 

 

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