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Les Chroniques de l’Histoire |
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Le trésor du Télémaque
A l’époque où le port de Rouen devint véritablement une très grande entreprise, c'est-à-dire vers la fin du XIXe siècle, le problème de l’aménagement de l’estuaire de la Seine se posa avec acuité. Aux endroits où les effets de la marée se faisaient le plus violemment sentir, des bancs de sables mouvants entravaient régulièrement la navigation des grands cargos qui remontaient ou descendaient le cours du fleuve et les pilotes de Villequier, qui prenaient en charge les bâtiments à leur passage devant cette étape obligatoire, devaient se montrer fort vigilants. Aujourd’hui, le problème a été résolu grâce à d’importants travaux.
Mais aux temps héroïques de la marine à voile, s’aventurer dans l’estuaire n’était pas exempt de dangers et on ne comptait plus le nombre des petits ou des grands navires qui s’y étaient perdus corps et biens. C’est ce qu’il advint un jour de ce brick dont le nom est encore souvent évoqué, le Télémaque – qu’il ait été rebaptisé ou non – qui a beaucoup fait parler de lui.
Un naufrage pas comme les autres
Le 3 janvier 1790 – donc à l’aube de la Révolution – un brick qui avait quitté Rouen cassa ses amarres en rade de Quillebeuf-sur-Seine et coula à pic. Ce brick s’était longtemps appelé Télémaque et, depuis peu, avait été rebaptisé Quintanadoine. Il mesurait 26 mètres de long, était large de 7,25 mètres et haut de 4,33 mètres. Il était commandé par le capitaine Adrien Quentin. A l’exception d’un marin qui se noya, l’équipage put, sans trop de mal, gagner la rive.
Tout naufrage fait du bruit. Dans la région, on parla de la catastrophe du Quintanadoine. Beaucoup employaient l’ancien nom du navire : Télémaque. A Rouen, même, ce fut un sujet de conversation. On rappelait que l’endroit, décidément, était dangereux. En 1843, encore, l’Illustration imprimera, dans son premier numéro : « La barre de flots descendant submerge les navires qui ont touché les bancs de sable. Les naufrages sont fréquents car les bancs nombreux changent de place à chaque marée. On voit des mâts de navires submergés. Aussi en remontant ou en descendant la Seine, tous les touristes remarquent-ils, de distance en distance, des mâts de navires submergés, élevant encore leur tête chancelante au-dessus du niveau du fleuve. »
Le naufrage du Télémaque – gardons-lui le nom par lequel il est entré dans l’histoire – ne représentait donc pas un accident exceptionnel. Or, on parla à l’époque beaucoup du naufrage du Télémaque que d’aucun autre. On continua a en parler pendant tout le XIXe siècle. On en parle aujourd’hui encore, alors que des infortunés navires ayant coulé dans la même rade sont parfaitement oubliés. Pourquoi ?
Immenses trésors, cargaison fabuleuse
C’est que, très tôt, semble-t-il, un bruit couru. Il s’est amplifié avec les années, s’est gonflé d’apports hétéroclites mais confirmatifs : le Télémaque contenait d’immenses trésors. Cette cargaison fabuleuse gisait donc, là, sous les flots, en quelque sorte à portée de la main. Depuis, le trésor du Télémaque a fait naître les rêves de plusieurs générations. Quelques hommes ont fait plus qu’en rêver : ils ont voulu percer le mystère. Certains sont allés plus loin encore : ils ont cherché à récupérer le trésor.
La question qui se pose à l’historien est donc double : un navire appelé le Télémaque a-t-il réellement coulé en 1790 dans la Seine, au large de Quillebeuf ? Ce navire portait-il « d’immenses richesses ».
Accessoirement, à ces deux questions, on peut en ajouter une troisième : à supposer que l’épave du Télémaque existe toujours, ces richesses éventuelles dorment-elles encore en son sein ?
Le trésor des abbayes et la fortune du roi
D’abord, il faut interroger la tradition. Elle se porte fort bien. Elle a fait l’objet de nombreux récits, de plusieurs publications. On a recueilli des témoignages, les souvenirs de vieillards contemporains de l’événement. C’est tout cela qui forme une tradition. Ecoutons celle-ci.
A l’automne de 1789, le roi Louis XVI se montrait fort inquiet de la tournure que prenaient les événements. Les journées d’Octobre avaient conduit le peuple de Paris à Versailles. Le palais avait été envahi. Le roi, la reine, le dauphin – « le boulanger, la boulangère et le petit mitron » - avaient dû, de force, se rendre à Paris où ils séjournaient depuis. C’est alors que le roi aurait fait embarquer une partie de sa fortune personnelle – « des barils de louis, de la vaisselle d’or et d’argent, des diamants, de l’orfèvrerie » - à bord d’un vaisseau appelé le Télémaque, qui devait gagner l’Angleterre. A la même époque, certaines abbayes de Normandie, notamment celle de Jumièges, auraient profité de l’occasion pour charger, à bord du même bateau, leurs propres trésors, menacés par la nationalisation des biens du clergé.
Officiellement, le Télémaque emportait des pièces de bois de chêne, des tonneaux de suif et des clous. Officieusement, il emportait la fortune du roi de France et celle des abbayes normandes. Alors intervint la fatalité : le Télémaque sombra devant Quillebeuf. Les richesses s’engloutirent avec le navire. Là où elles sont toujours.
Un anglais nommé Taylor
Sur quoi repose cette tradition ? Il bien le reconnaître : aucun texte contemporain n’a été retrouvé. Aucune mention chez un auteur du temps. Il faut attendre 1842 pour qu’un Anglais, nommé Taylor, ingénieur au Havre, publie une brochure par laquelle il tentait de prouver la réalité du naufrage du Télémaque et surtout celle des trésors que recélaient ses flancs.
Quelles preuves donnait-il ?
Un curé de Paris « jouissant d’une haute considération », aurait assuré à une personne du Havre qu’à bord du Télémaque se trouvaient, en louis, 2 500 000 francs, plus les fortunes de cinq abbés et de trente autres émigrés de distinction. Les espèces appartenaient à Louis XVI – le curé le précisait bien. Du reste, son récit avait été confirmé par un « Français noble » à un « banquier du Havre ». Par ailleurs, un « ancien employé du Ministère de la Marine » certifiait qu’il existait à bord du Télémaque une somme de 2 500 000 francs en espèces. Le confesseur de Louis XVI, mort à Paris vers 1830, à plus de quatre-vingt ans, avait affirmé à beaucoup de personnes que le Télémaque contenait d’immenses richesses. Un vieux moine de Fécamp avait déclaré à une personne du Havre que l’argenterie des abbayes de Jumièges et de Saint-Georges était à bord du Télémaque. Un cardinal et cinq abbés parvenus en Angleterre par un autre navire s’étaient plaints « à plusieurs personnes et au pilote de Villequier » d’avoir perdu leur fortune qui se trouvait à bord d’un navire naufragé le 3 janvier 1790 à la pointe de Quillebeuf-sur-Seine.
Comme on voit, pas un nom, pas une indication de source. De simples on-dit, probablement pour les besoins de la cause, ceci, comme dit G. Lenotre qi s’est penché sur l’affaire, « pour émoustiller les gogos ». Car, en fait, la brochure de Taylor n’était nullement une œuvre littéraire désintéressée. Taylor avait conçu le projet de renflouer le Télémaque et sa brochure devait servir d’appât à d’éventuels commanditaires. Il faut donc la lire avec une prudence extrême.
Cinquante milliards de francs ?
Cependant, Taylor, quittant le terrain mouvant de la tradition supposée, fournissait quelques éléments plus solides. Ainsi indiquait-il que le Télémaque était un brick de 80 pieds de long ; que son commandant s’appelait Adrien Quemin ; que le navire avait quitté le port de Rouen, le 1er janvier 1790, et qu’il avait sombré sur le bas-fond situé en face de Quillebeuf, le 3 janvier 1790. Taylor ajoutait que le gouvernement, propriétaire de l’épave au terme de l’ordonnance de 1681, dépêcha de Cherbourg trois cent hommes « munis d’une grande quantité d’apparaux ». Mais la tentative de renflouement - elle aurait duré trois mois – fut un échec.
Il semble que, dès la Restauration, en 1818, une nouvelle tentative de renflouement ait été entreprise. Une gabare quitta Cherbourg pour Quillebeuf et des travaux de récupération de l’épave commencèrent. La raison alléguée était que cette épave gênait la navigation. Mais d’autres juraient que ce n’était qu’un prétexte. Louis XVIII, rétabli depuis peu sur le trône, savait sûrement à quoi s’en tenir. Il connaissait, lui, la tradition du trésor royal : après tout, c’était le trésor des Bourbons ! L’opération de 1818 n’eut pas plus de succès que celle de 1790. Mais les imaginations allaient leur train. La tradition du trésor se gonflait d’année en année. On parlait de 85 à 90 millions de l’époque. Il était logique que l’affaire, du plan officiel, passât dans le « secteur privé ». Un certain Magny sollicita le privilège de renflouer le Télémaque. Le ministre de la Marine, le 1er avril 1837, lui donna satisfaction. Si Magny découvrait le trésor, il aurait le droit d’en conserver les quatre cinquièmes. Le dernier cinquième irait à la caisse des invalides de la Marine.
Aussitôt, Magny constitue une société. Il s’associe avec un M. David, fabricant de chaînes au Havre. Les travaux s’engagent. Magny attend beaucoup de David car l’opération repose entièrement sur l’utilisation de chaînes solides. Il s’agit de passer celles-ci autour de la coque, de les attacher à deux chalands ancrés au-dessus de l’épave. En tirant sur les chaînes, en s’aidant de la marée montante, on doit pouvoir soulever l’épave. En fait, Magny devra solliciter une prolongation de trois ans. Chaque fois que l’on tente l’opération, les chaînes se cassent. Lorsqu’il a dépensé 65 000 francs – une somme énorme pour l’époque – Magny renonce. Son associé David reprend l’affaire à son compte. En juin, juillet et août 1841, il tente de nouvelles opérations. Il semble qu’il ait déplacé le navire de quelques mètres. Rien de plus. David se retire à son tour.
Taylor trouve des commanditaires…
Alors intervint Taylor. Il avait des raisons évidentes de s’intéresser à l’affaire car, lors des dernières opérations de David, il avait tout aussitôt constaté qu’on n’arriverait à rien tant qu’on utiliserait des chaînes.
« Après un examen scrupuleux de la position et des difficultés qui pouvaient être occasionnées par les hautes marées, je donnai l’avis : 1° que les moyens employés jusqu’ici avaient été disproportionnés à l’entreprise ; 2° qu’à moins d’en trouver un par lequel le navire pût être sûrement tenu, et par lequel toutes les chaînes attachées à ce dernier, pussent être assujetties à quelque chose de solide et de fixe, de manière que chacune d’elles portât l’exacte portion de poids qu’elle serait destinée à enlever et que le navire pût être pris sur plusieurs points différents, afin de distribuer la force sur presque toute sa surface, qu’à moins de ces moyens, dis-je, il serait inutile de tenter d’enlever le navire de la place qu’il occupe depuis plus de cinquante ans. »
Taylor proposait donc que l’on construisît un pont au-dessus du corps du navire, et que « tous les liens et chaînes, arrangés de manière à faire une force équivalente à leurs dimensions, fussent amarrés à ce pont ». Il est certain que les chalands utilisés précédemment, s’élevant eux-mêmes avec la marée, ne représentaient pas une plate-forme de départ aussi efficace qu’un pont. On écouta Taylor, on édifia le pont en trois semaines. Le 17 novembre 1841, à 6 heures du soir, les vents se mirent à souffler avec une telle violence que les ouvriers furent renversés. Un brick anglais venant de Villequier, emporté par l’ouragan, vint se jeter dans le pont construit par Taylor. Le Journal du Havre du 19 novembre relate que « ce brick, par cet incident, fut sauvés sans beaucoup d’avaries, mais le choc endommagea tellement les ouvrages, qui pouvaient être terminés en quatre jours, qu’il eût au contraire fallu une quinzaine au moins pour les rétablir dans leur état primitif ». La saison était trop avancée pour que l’on prît un tel risque : « La descente des glaces, dit encore le Journal du Havre, qui peut avoir lieu d’un moment à l’autre, et les coups de vent, qui journellement accompagnent la marée montante, rendent la poursuite de l’entreprise, pendant les mois d’hivers, non seulement difficile et dangereuse, comme il est arrivé jusqu’à présent, mais encore absolument impraticable. » Dernier commentaire du même journal, sur quoi l’on peut laisser aller l’imagination – et les lecteurs, assurément ne s’en privèrent pas : « Le Télémaque contient d’immenses richesses, appartenant à beaucoup d’émigrés de distinction qui cherchaient à abandonner la France au commencement de la Révolution. »
Donc, David s’était retiré. Taylor se faisait fort de réussir. Il fallait trouver des commanditaires. Alors, il publia sa brochure. Pour lui, aucun doute : les précédents concessionnaires avaient acquis la conviction qu’il y avait à bord du Télémaque 25 millions de francs. De plus, « ils virent le tonnelier de Rouen qui avait cerclé en fer les barils, les personnes qui avaient vu fondre le métal pendant la nuit, le pilote qui avait conduit les émigrés en Angleterre, l’employé de la Marine et un grand nombre de personnes qui, toutes, leur confirmèrent le rapport ci-dessus ».
Conclusion de Taylor : « Employé dans les opérations du sauvetage l’automne dernier, je puis assurer le succès, car j’ai la confiance d’être assez au courant des difficultés que représente la position du navire et des moyens à employer pour les surmonter. Si je réussis, je me trouverai assez récompensé non seulement par le recouvrement d’un trésor immense qui, depuis plus d’un siècle est caché au monde, mais par la solution d’un problème rempli d’intérêt et de mystère, et encore par la satisfaction de fournir une preuve de plus qu’il n’y a rien, dans la théorie des sciences mécaniques, qui ne puisse être surmonté par l’étude et par la persévérance. »
… publie des communiqués prometteurs… et « file à l’anglaise »
Il faut dire que les commanditaires – car Taylor en trouva – furent enchantés par les premiers résultats. Des sondes en forme de harpons furent lancées sur l’épave du Télémaque. Elles ramenèrent une poutre de 40 centimètre d’équarrissage sur 10 mètres de longueur. La tradition n’avait donc pas menti quand elle affirmait qu’officiellement, le bateau était chargé de pièces de bois parmi lesquelles on avait dissimulé des barils d’or et des caisses d’objets précieux. Une autre sonde revint « empreinte par un froissement d’or ou de cuivre sur une longueur de 10 à 12 centimètres ». Les spécialistes dirent que l’on n’employait pas de cuivre dans les constructions navales en 1789. Donc, il s’agissait d’or. La passion montait. Les jours de beau temps, une petite foule s’agglutinait sur le rivage. Des voyageurs venaient de Rouen, et même de plus loin. On discutait ferme. Les uns affirmaient que le Télémaque n’avait jamais existé. D’autres juraient qu’il y avait là les richesses annoncées, et même bien plus. Les semaines passaient, jalonnées par des communiqués flamboyants de Taylor. Le 18 octobre, il déclarait au Journal du Havre son ferme espoir « d’amener prochainement la carcasse du Télémaque à fleur d’eau et de procéder, en vue du public, à son déchargement et à son dépècement ». Dix jours plus tard, nouveau communiqué : l’épave n’était plus qu’à 1 mètre du niveau de la basse mer. La réussite était pour demain, ou tout au plus pour dans quatre jours. La foi des commanditaires s’affermissait d’heure en heure. Des pères de famille déclaraient à leurs enfants qu’ils avaient fait le meilleur placement de leur vie, qu’ils toucheraient cent mille pour cent. Mais des sceptiques ricanaient en jurant que les fameux tonneaux ne contenaient que du suif. Encore un communiqué de Taylor : « Une sonde en fer plat, de 2 mètres de longueur, chassée à coups de marteau dans une caisse, avait rapporté des fragments d’or et d’argent. » Taylor donnait des détails : cette caisse se trouvait entre le grand mât et la chambre du capitaine. Cette nuit-là, les actionnaires crurent toucher à la fortune définitive. Dans leurs rêves, la Seine, « nouveau Pactole, leur apparut roulant des flots de lingots et de louis… ». Mais les rêves finissent toujours. Le 19 décembre, le Journal du Havre annonçait que Taylor avait pris la fuite. Est-ce l’origine de l’expression : filer à l’anglaise ? Il laissait 28 000 francs de dettes au Havre et à Quillebeuf ainsi que le relevé très précis des salaires dus depuis deux mois à ses trente-cinq ouvriers. Les actionnaires, du coup, n’osèrent plus se montrer. Quant aux sceptiques, ils triomphaient sans modestie. Un gigantesque éclat de rire déferla sur la France et jusqu’à Paris, dont Daumier devait se faire l’écho dans un dessin célèbre : il devait montrer Taylor s’enfuyant à toute rame sous les yeux de ses actionnaires consternés. Titre du dessin : « Le dernier chapitre du Télémaque ».
Les archives de la Marine parlent
Comment, au milieu de tout cela, démêler le vrai du faux ? G. Lenotre souhaitait que l’on entreprit sur l’affaire du Télémaque des recherches dans les archives de la Marine.
1° Il est établi qu’un navire de 120 tonneaux, nommé le Quintanadoine, capitaine Jacques-Adrien Quemin, était à quai à Rouen, au mois de décembre 1789. Il y fut visité par les « maîtres-constructeurs et charpentiers-calfats de navires » de l’Amirauté de Rouen qui le jugèrent « en état de prendre charge et de faire le voyage de Brest ». On possède également un placet du capitaine Jacques Quemin au lieutenant général de l’Amirauté et l’inventaire des gréements de ce navire, le tout en date du 3 décembre 1789 (Archives de l’Amirauté de Rouen).
2° On a retrouvé dans les Archives de l’Inscription maritime de Rouen, l’état presque complet de l’équipage du Quintanadoine. Ainsi est-il mentionné que le capitaine Jacques Quemin, le capitaine en second (son propre frère), et quatre matelots ont fait naufrage sur le Quintadoine devant Quillebeuf le 3 janvier 1790. Un seul semble avoir péri dans l’aventure.
Il est inutile d’insister sur l’importance capitale de ce renseignement qui apporte la certitude historique du naufrage d’un bateau au large de Quillebeuf, à la date fixée par la tradition, c’est-à-dire le 3 janvier 1790.
3° On a retrouvé également une correspondance entre le ministre de la Marine, M. de la Luzerne, et l’intendant général du port du Havre, M. Mistral, au mois de mars 1790. Elle émane de M. Le Canut, armateur, qui demande à renflouer le Quintadoine qui a coulé le 3 janvier 1790. M. Mistral écrit à M. de la Luzerne pour lui demander qu’on veuille bien prendre en considération cette demande, d’autant plus que l’épave gêne la navigation. La réponse du ministre fut négative : il n’était pas opportun d’entreprendre ce renflouement. Ici la tradition Taylor (300 hommes venus de Cherbourg) est formellement contredite. Mais – c’est ce qui est important – la certitude du naufrage est de nouveau confirmée.
4° La personnalité du capitaine Quemin, désigné par Taylor, a été confirmée historiquement. L’acte de naissance de Jacques-Adrien Quemin, né d’Adrien Quemin et de Marthe Merié, le 23 août 1754, a été retrouvé, ainsi que son acte de décès, au Val-de-la-Haye, (Seine inférieure), le 22 décembre 1836, à l’âge de quatre-vingt-deux ans.
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