Les Chroniques de l’Histoire

L’Histoire pour Tous

Les Almohades d’Abd al-Mû’min sont maîtres du Maghreb

 

Salé, Maroc, 1163

 

A sa mort, l’Almohade Abd al-Mû’min laisse un empire qui couvre toute l’Afrique du Nord et étend son influence sur l’Andalousie. Il avait succédé au mahdi Ibn Tûmart, un pur Berbère né vers 1080 dans l’Anti-Atlas, à la direction du mouvement réformiste des « Muwahhidûn » (ceux qui confessent l’unité absolue de Dieu), d’où est dérivé le nom d’Almohades. De sa rencontre avec Ibn Tûmart, vers 1117, jusqu’à la mort de ce dernier, en 1130, Abd al-Mû’min avait joué un rôle très actif au côté de son maître. Une fois au pouvoir, son premier soin fut de mettre bas à l’édifice almoravide déjà chancelant. Son entreprise fut facilitée par l’adhésion de l’importante tribu des Zanata. L’armée d’Abd al-Mû’min et celle du souverain Tashufin ben Ali se rencontrèrent devant Tlemcen en 1145. Le souverain almoravide dut se replier sur Oran avant de succomber, la même année, à une chute de cheval. Dès lors, la route de Fès était ouverte. La capitale du Nord marocain tomba en 1146. Puis ce fut le tour de Meknès et de Salé. L’année suivante, Marrakech, la capitale, était prise. La disparition définitive de la puissance almoravide permit à Abd al-Mû’min d’organiser son nouvel empire, d’entreprendre des opérations pour placer l’Espagne sous on autorité et de passer à la conquête de l’Ifrikiya. Les Normands du roi de Sicile Roger II ayant pris pied dans les principaux ports de la côte, Abd al-Mû’min put justifier son expédition par le recours à la guerre sainte : il s’empara successivement d’Alger, de Bougie et de Sétif (1151—1152). L’Ifrikiya fut conquise plus tard : Tunis en juin 1159, Mahdiyya en janvier 1160, puis Sousse, Kairouan, Sfax, Gafsa, Gabès et Tripoli. Abd al-Mû’min s’apprêtait à opérer un nouveau passage en Espagne lorsqu’il mourut, laissant à son successeur un nouvel empire musulman, d’Occident cette fois.