Les Chroniques de l’Histoire

L’Histoire pour Tous

Les autres influences du catharisme

 

Les esséniens

 

Longtemps l’existence des communautés esséniennes fut ignorée. Pourtant certains auteurs dont Rudolph Steiner découvrirent dès le début du siècle le véritable rôle joué par les esséniens dans l’impulsion chrétienne. La découverte des manuscrits de la mer Morte vient apporter une confirmation irréfutable à ces investigations spirituelles.

 

Les cathares comme les esséniens recherchaient l’élévation de l’âme et sa purification par l’ascèse, le régime sans viande, la vie communautaire, le travail et la méditation mais surtout ils pratiquaient les sciences prévisionnelles. Les esséniens croyaient à la nécessité de vies successives comme les cathares. L’étude des documents retrouvés montre que non seulement ils le croyaient mais qu’ils en avaient la connaissance. Pour eux, cette réincarnation doit permettre aux hommes de se libérer peu à peu du Mal. C’est ce que prêchent aussi les Bons Hommes.

 

Le « rouleau de la règle » de la communauté de Qumram » montre l’importance que les esséniens accordaient au dualisme. Cependant ils considéraient le Bien et le Mal comme deux principes soumis à Dieu l’Unique.

 

Si l’on considère l’importance que donnaient les esséniens à la puissance de la lumière, leur connaissance des relations occultes entre l’homme et le cosmos,  leur recherche de sites grandioses pour leurs lieux de prière et de méditation, leur pratique de l’astrologie, l’accueil qu’ils firent à Jésus, leur refus de dogmes autoritaires et d’une Eglise pétrifiée, l’étroite parenté entre les esséniens et les cathares est frappante.

 

L’arianisme

 

Une insidieuse hérésie ébranle au début du IVe siècle l’autorité de l’Eglise : c’est l’arianisme.

 

L’arianisme aurait sa source dans la doctrine d’Origène qui a vécu au IIe siècle avant Jésus-Christ. Origène refusait la trilogie parfaite. Les trois substances de la Trinité sont pour lui des substances différentes : le Père, jamais créé, éternel, a créé le Fils et le Saint-Esprit. Contrairement aux dogmes orthodoxes, le Fils n’est pas consubstantiel au Père. Il ne lui est pas coéternel. Sans doute a-t-il toutes les perfections sauf une : celle d’exister par lui-même.

 

Arius, né à Alexandrie vers 250 ou 300, prêtre vers 320 a repris cette théorie devenue l’arianisme.

 

Le concile de Nicée (325) lui donne tort. Il est excommunié et meurt à Constantinople vers 340. Constant, empereur d’Occident orthodoxe se fit le champion de l’Eglise et entra en lutte contre Constance qui en Orient favorisait l’arianisme. L’empereur Constant mourut avant Constance et ce dernier entreprit de gagner l’Occident à sa cause soutenu par l’évêque d’Arles.

 

Ce qui est important pour l’étude du catharisme c’est que les prélats de la côte narbonnaise et viennoise deviennent alors arianistes. L’arianisme s’étend en Languedoc et en Aquitaine.

 

L’Eglise romaine narbonnaise doit composer avec les opposants. Saint Hilaire lance un appel en faveur de la libéralité et de la tolérance, appel qui sera d’ailleurs vite oublié. L’épiscopat d’Aquitaine, de Languedoc et de Provence s’accommode mal de n’être pas, comme dans la Gallia Barbara, le premier partout.

 

C’est alors que les Goths chassés par les Huns, se replient vers l’ouest. Ce sont des barbares convertis au christianisme mais arianistes.

 

Une fraction des Goths, les plus raffinés, les plus civilisés, les plus libéraux – les Wisigoths – descend sur Rome qui les canalise vers l’Espagne et l’Aquitaine. C’est le vaste royaume de la Loire à l’Andalousie où l’arianisme est florissant. Son empreinte restera forte dans les esprits malgré l’invasion des Francs poussés justement par les évêques de Rome qui lancent Clovis converti au catholicisme à la conquête des autres peuples barbares.

 

L’arianisme était mort en Languedoc à l’époque qui nous préoccupe, mais peut-être avait-il laissé dans cette région des traces diffuses qui la prédisposaient à la contestation de l’Eglise romaine.

 

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Plus proches, d’autres influences se retrouvent dans le catharisme, mineures sans doute eu égard au gnosticisme et au manichéisme.

 

Telle celle de Priscillien, homme riche originaire de Mérida, en Lusitanie, qui élabora en 350 une doctrine condamnée comme manichéiste.

 

Telle celle d’Henri, le moine de Lausanne, qui dépasse la lettre et l’esprit de la réforme grégorienne, déclarant entre autres que le mariage est une union des cœurs et non un sacrement, comme les cathares, qui s’en prend à l’eucharistie, condamne la luxure, ne reconnaît pas valable le baptême des enfants.