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Les Chroniques de l’Histoire |
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Les Obédiences françaises contemporaines
LE GRAND ORIENT (G.O)
Créé en 1773, le Grand Orient est surtout connu par le public profane pour avoir, dans sa proclamation de 1877, supprimé l’invocation au Grand Architecte de l’Univers et à la Bible. Déclaration d’athéisme pour uns ou expression de la libre pensée pour les autres, le Grand Orient passe maintenant pour une obédience athée, voire anticléricale. Il faut dire que les Maçons radicaux de la IIIe République, souvent issus de cette obédience, n’ont pas toujours été tendres avec les catholiques, lesquels, à l’instar des papes, tout en se réclamant des vertus chrétiennes, furent rarement des modèles de tolérance et d’ouverture d’esprit. L’extrême-droite catholique et intégriste, encore de nos jours, continue de dénoncer le « complot judéo-maçonnique » ! Il est nécessaire de nuancer ; le Grand Orient n’a pas voulu faire preuve d’un athéisme forcené en 1877, il a simplement voulu montrer que l’homme possédait son libre arbitre, et qu’il était tout à fait responsable de ses pensées et de ses croyances. L’invocation obligatoire à un principe créateur que tous ne reconnaissaient pas semblait pour les Frères un acte d’autorité intellectuelle inutile. Voici, à titre d’exemple, l’article premier des Constitutions du Grand Orient : La Franc-maçonnerie, institution essentiellement philanthropique et progressive, a pour objet la recherche de la vérité, l’étude de la morale et la pratique de la solidarité. Elle travaille à l’amélioration matérielle et morale, au perfectionnement intellectuel et social de l’humanité. Elle a pour principes, la tolérance mutuelle, le respect des autres et de soi-même, la liberté absolue de conscience. Le Grand Orient attire les esprits rationnels, se veut progressiste et philanthropique, et a pour but suprême d’améliorer la société humaine. Il peut prendre part à des débats de société, en affichant des positions précises. On citera par exemple la question de l’école (privée ou laïque), de la peine de mort, du chômage… Rien de ce qui est humain ne peut lui être, par définition étranger. Certaines loges acceptent les femmes durant les travaux, sans toutefois procéder à des initiations féminines. Le GO édite une revue, Humanisme et a une maison d’éditions maçonniques, EDIMAF.
LA GRANDE LOGE DE FRANCE (G.L.) Elle travaille « A la gloire du Grand Architecte de l’Univers » et n’est pas reconnue par la Grande Loge Unie d’Angleterre. Bien qu’elle ne soit pas la plus symbolique des obédiences, l’étude des symboles y demeure importante, et se base sur une étude syncrétique de l’ésotérisme. Elle ne se veut pas antireligieuse et semble équilibrée en ce qui concerne les appartenances politiques de ses membres. De toute façon, comme au Grand Orient, on y « laisse les métaux à la porte du Temple » ce qui signifie qu’on ne parle pas de sujets propres à fâcher les sentiments politiques de tout un chacun. Presque 25 000 membres la composent. Elle édite une revue, Point de Vue Initiatique.
LA GRANDE LOGE NATIONALE DE FRANCE (G.L.N.F) Elle a été fondée en 1913 en réaction à l’athéisme déclaré du Grand Orient (1877), et croit au Grand Architecte de l’Univers. Seule la GLNF est reconnue par la Maçonnerie du Royaume Uni qui se veut, unilatéralement, la seule obédience habilitée à fédérer la Franc-Maçonnerie mondiale, laquelle, selon les pays, tolère plus ou moins bien ces réminiscences victoriennes. A noter aussi que la Maçonnerie anglaise, comme la Maçonnerie française sous l’Ancien Régime, a pour Grands Maîtres des membres de la famille royale. En 1958, considérant que cette maçonnerie est par trop anglo-saxonne, une scission se fait sous l’impulsion de Pierre de Ribaucourt, qui donnera le jour à la Grande Loge Nationale de Opéra. En 1964, autre scission mais cette fois-ci à la Grande Loge de France : 4 000 membres la quittent et vont renforcer les Frères de la GLNF. Du même coup un Suprême Conseil se crée. Les membres de la GLNF sont environ 8 0000, et ne sont pas autorisés à fréquenter des loges d’autres obédiences.
LA GRANDE LOGE NATIONALE OPERA Comme il est dit plus haut, la Loge Opéra est née de la scission de la GLNF, et a changé son appellation en 1984. on pourrait la qualifier d’agnostique, elle qui n’oblige pas ses frères à croire en un Dieu, mais plutôt en un principe créateur. A la différence de la GLNF ses membres peuvent fréquenter toutes les obédiences qu’ils désirent.
MEMPHIS MISRAIM Les Maçons de Memphis Misraïm sont certainement ceux qui, de nos jours travaillent le plus l’ésotérisme et le symbolisme. Ils ne sont pas athées et travaillent à la gloire du grand Architecte de l’univers. Ils considèrent la Franc-Maçonnerie comme héritière des grands courants de la « pensée traditionnelle ». Cette société a des dépôts « égyptiens » et toute une théorie sur la mort et l’après mort. Pour eux Esotérie, Gnose, Kabbale voire l’Hermétisme sont encore monnaie courante. Ils se disent les héritiers des « vieilles traditions initiatiques du XVIIIe siècle. De nos jours cet ordre est international et regroupe plusieurs milliers de frères rien qu’en France.
GRANDE LOGE FEMININE DE FRANCE (G.L.F.F) Un peu comme les loges d’adoption du XVIIIe siècle, elle est issue, dès 1945, de la Grande Loge de France. Elle possède un « Suprême Conseil ». Les sœurs portent une grande robe noire et, peu ingrates reçoivent des frères, même ceux qui refusent de les admettre à leurs travaux (au grand dam de certaines). Elles ont à cœur le rôle des femmes dans la société contemporaine, mais elles travaillent aussi aux travaux normaux des autres ateliers.
LE DROIT HUMAIN (D.H.) C’est une loge mixte où hommes et femmes sont égaux devant les travaux maçonniques. Dans les loges d’adoption du XVIIIe siècle, il n’y avait pas alors de réelle égalité entre les initiés de sexe différents, les femmes se contentant de suivre des travaux annexes. Il a fallu attendre 1882 pour voir une femme initiée, Maria Deraisme prendre les mêmes devoirs et obligations que ses frères. Sa demande fut reçue par un atelier du Pecq en 1881 et provoqua de nombreuses interdictions de la part des différentes Loges. Elle ne sera Maçonne que quelques années, mais aura beaucoup aidé à l’intégration des femmes. Elle sera à l’origine du « Droit Humain » créé en 1893. En 1899 il prendra le titre « d’Ordre Maçonnique Mixte International du Droit Humain ». Cet ordre qui, de nos jours, compte plus de 8 000 membres travaille plus sur les valeurs humaines que sur le symbolisme qui n’est pas exclu des travaux pour autant.
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